Loto

Toujours dans le cadre du programme TEACCH, Maman a transformé mon jeu de loto. En effet, au départ je jouais au loto à ma manière c’est-à-dire que j’alignais les cartes à l’envers et je m’étourdissais les yeux avec les inscriptions ravensburgers qui se trouvaient au dos des cartes et qui procurent un effet d’optique agréable pour moi.

Maman a donc décidé de m’apprendre à jouer à sa façon et a donc installé le loto sur son support. Elle met les cartes à poser sur le plateau à gauche pour respecter le sens de l’écriture et elle positionne du scratch derrière chaque carte et sur le plateau du jeu de sorte qu’une fois les cartes posées elles ne bougent pas et comme elles sont attachées je ne peux pas les manipuler librement.

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Je me débrouille très bien même si le début a été difficile. Il s’agit de poser les cartes sur l’animal identique sur le plateau du jeu. L’objectif est donc d’associer deux images identiques.

Cependant, afin de m’aider à généraliser et Maman à fabriqué un autre loto. Le but est le même : associer deux images identiques mais l’organisation est différente : je dois poser les cartes en dessous de leur paire et non plus dessus. Il faut préciser que les enfants autistes ont beaucoup de mal à généraliser : ils sont capables de faire une chose avec une personne dans un lieu mais ont beaucoup de mal par exemple à refaire cette activité dans un autre ou avec une autre personne ou encore de faire une activité similaire avec un support différent ou une organisation différente. C’est pour cette raison qu’il faut varier les espaces pour travailler, les intervenants et les jeux que l’on propose.

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Maman a utilisé des dessins faits maison et les images du jeu de tri de chez Nathan ( Merci annie!), les a recopiées, photopiées , coloriées et plastifiées et elle peut ainsi varier les couleurs, les objets….

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Les cartes une fois construites pour le loto peuvent également être réutilisées pour créer un jeu de tri par couleur ou par catégorie.

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Si vous voulez les planche de dessins en noir et blanc veuillez contacter Maman . ( il y a une planche objet et une fruit : c’est un support simple à créer Louis a aidé Maman pour le coloriage).

Pour finir, Xavier en plein travail :

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Faire des tours

Avec ce billet, Maman ouvre une nouvelle catégorie dans laquelle elle mettra des activités organisées selon le programme TEACCH. Ce sont en fait des activités que je peux réaliser en autonomie après quelques séances guidées. En effet, l’organisation de l’activité est telle que je comprends visuellement ce que je suis sensé faire et quand se termine l’activité.

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Il s’agissait pour moi de faire des tours avec des cubes gigognes que tous les enfants ont eu entre leurs mains un jour ou l’autre. Le support principal est une boîte à chaussures coupée en deux dans le sens vertical. Au fond de cette boîte, il y a une frise de couleur. Je dois alterner les pots en respectant le code couleur.

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Au début, Maman me propose l’activité comme ceci :

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Pour m’aider, elle peut placer le premier pot :

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Pour changer le fond et me permettre de varier l’exercice, Maman scratche les frises au fond de la boîte à chaussures après les avoir plastifiées.

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Un autre exemple avec d’autres pots :

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Formation TEACCH

La semaine dernière, Maman a fait une formation à la méthode TEACCH avec l’association Pro Aid Autisme.
Je vais lui laisser la parole pour qu’elle vous explique ce qu’elle y a appris.

La méthode TEACCH est un programme dont le berceau se trouve en Caroline du Nord. Elle a été créée dans les années 70 par Eric Shoepler. Cette méthode repose sur le principe selon lequel il ne faut pas se battre contre l’autisme mais travailler avec lui. L’objectif de cette méthode consiste à rendre l’individu autonome et apte à vivre en société.

A long terme, le but poursuivi par l’approche TEACCH réside « à la fois dans le développement des compétences et dans l’épanouissement des besoins humains fondamentaux que sont la dignité, le fait de s’adonner à des activités utiles et personnellement significatives, le sentiment de sécurité, la perception d’efficacité personnelle et la confiance en soi ».

Afin de pouvoir travailler avec l’autisme, le programme a développé un concept appelé « la culture de l’autisme ». Il s’agit d’observer la personne autiste afin de voir ses difficultés pour mieux adapter les apprentissages.

Parmi les caractéristiques de la personne autiste, il y a :

- puissance du canal visuel
- attention focalisée sur les détails au détriment de l’ensemble
- problème dans les associations d’idées
- problème de communication
- problème lié au repérage dans le temps
- attachement à certaines activités qu’elle répète sans se lasser
- attachement aux routines
- rigidité
- préférences sensorielles

Une longue observation de chacune des personnes autistes permet de personnaliser cette liste non exhaustive.

A partir de ces observations, le programme TEACCH propose un « enseignement structuré » qui est la base l’approche de Schoepler.

Le premier principe de TEACCH, une fois les observations effectuées, est de construire un emploi du temps afin que la personne autiste ait des repères dans le temps et dans l’espace. Chaque activité est prévue et planifiée rigoureusement par différents moyens (l’écrit, le picto, le dessin, la photo ou l’objet).

Le second principe est de proposer des activités structurées de sorte que la personne autiste sache ce qu’on lui demande, où elle doit se placer et quand l’activité est terminée, sans que l’adulte ne le lui dise. Le langage est un objectif, mais pas un outil. En effet, selon l’approche TEACCH, les repères visuels remplacent la parole souvent peu comprise par les autistes.

Voilà un exemple de présentation d’une activité structurée d’après le programme TEACCH. Très facilement, l’enfant comprend la consigne visuellement. Il s’agit d’une activité de tri par couleur. Les repères sont nets et le concept de fin marqué (quand il n’y a plus d’épingles dans le pot de gauche) :

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En ce qui concerne le troisième principe, il vise le traitement des comportements des personnes autistes. Il ne s’agit pas d’éradiquer les comportements socialement dérangeants ou non fonctionnels, il faut les encadrer afin qu’ils disparaissent petit à petit. Par exemple, si votre enfant aime tirer la chasse d’eau et le fait toute la journée, il faut s’en servir comme d’un renforçateur en marquant le tirage de la chasse d’eau sur l’emploi du temps après une séance de travail. Ainsi, au lieu de le faire 100 fois dans la journée, il ne le fera que 20 et ce comportement disparaîtra petit à petit.

La dernière partie du stage concernait des questions pour savoir la différence avec la méthode ABA, voilà les réponses qui ont été faites :

- Comme la méthode ABA, la méthode TEACCH décompose les apprentissages (ex : le lavage des mains : on apprend successivement à la personne autiste à mouiller ses mains, puis prendre le savon…).
- Avec TEACCH, on travaille avec l’autisme et non contre, ce que fait la méthode ABA.
- Selon l’approche TEACCH, l’enseignant doit s’adapter à l’autiste alors que, d’après le programme d’analyse appliquée du comportement (ABA) il s’agit d’adapter l’autiste à son environnement.
- Le programme de Schoepler part des intérêts de l’enfant, alors que la méthode ABA utilise des renforçateurs une fois le but atteint.
- La gestion des stéréotypies est également différente puisque d’un côté on fait avec en les encadrant (TEACCH), alors que de l’autre on souhaite les éradiquer à tout prix (ABA).

Le programme TEACCH se base sur les forces et les compétences émergentes de la personne autiste pour agir de telle ou telle façon, alors que la méthode ABA pousse l’enfant à acquérir de nouvelles compétences.

Pour conclure, je tiens à dire que cette formation a été très enrichissante et qu’elle m’a permis de mieux comprendre le mystère de l’autisme. Elle m’a également donné de nombreuses pistes de travail que je vous ferai partager lors de mes prochains billets. Je tiens à préciser que la différence entre la méthode ABA et le programme TEACCH, que j’ai présentée, est informative et concerne l’avis des formateurs à la méthode TEACCH (qui ne sont donc pas des pro-ABA). Je ne suis pas pour l’une ou l’autre, je prends ce que je pense être le meilleur dans chacune des méthodes pour aider Xavier.

Voici un lien vers d’autres activités structurées d’après les concepts développés par la méthode TEACCH.

La méthode ABA

L’ABA signifie « Applied Behavior Analysis » qui se traduit par « analyse appliquée du comportement ». L’ABA comporte un programme de modification du comportement et de développement de compétences.

Il s’agit de développer chez l’enfant des compétences lors de séances structurées qui ont pour objectif de mettre en place une guidance de l’adulte qui disparaîtra quand l’acquis sera consolidé. Cette méthode s’applique partout (à la maison, à l’école, à l’extérieur…), et pour tous les apprentissages, qu’ils soient sociaux, cognitifs ou communicatifs.

Comme dans la méthode TEACCH, il s’agit de renforcer et d’inciter les bons comportements par des récompenses ou par quelque chose qui plaît à l’enfant et qui le motive.

L’enseignement se fait par petites étapes. Chaque action est décomposée en une série de petites actions qui vont favoriser la réalisation du comportement voulu.

Le principe est de commencer les apprentissages dans des situations très structurées, puis de rendre l’environnement de moins en moins rigide au fur et à mesure que le comportement demandé devient spontané, renforcé et répété.

Le temps d’enseignement est prévu de sorte que le temps passé à réaliser des activités non productives se réduise et que seules les actions fonctionnelles perdurent.

Le moteur de l’enseignement est le plaisir et la motivation de l’enfant. Pour cela les activités sont attractives pour l’enfant, les récompenses présentes et les encouragements constants afin de donner à l’enfant une image positive de lui même.

Pendant longtemps cette méthode américaine a été très critiquée, voire même surnommée la « technique de la carotte », mais elle semble moins stricte à Maman que la méthode TEACCH, et les parents ne sont pas exclus totalement de cette stratégie éducative puisqu’ils ont la lourde tâche de généraliser dans la vie quotidienne le comportement appris et développé par l’enfant dans un cadre particulier.

Il lui semble que l’ABA maximise le temps d’enseignement en réduisant le temps consacré à des activités non productives, comme l’autostimulation et les comportements non fonctionnels. Il est, en effet, plus fonctionnel d’apprendre à faire rouler un ballon pour jouer avec un autre, que de le regarder pendant des heures.

Selon les recherches, le programme ABA est actuellement le plus efficace auprès des jeunes enfants ayant un trouble envahissant du développement. Il peut permettre à certains enfants à apprendre à un rythme suffisamment rapide pour rattraper le retard de développement accumulé à cause du défaut de communication. Pour mémoire, la méthode de communication PECS repose sur les principes de la méthode ABA.

Olivier Ange |
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