Programme de travail pour les mois de janvier, février et mars

Maman a préparé un nouveau programme pour le trimestre qui vient. Elle va cependant modifier notre façon de travailler. En effet, le travail sur fiche ne me plaît plus, je ne suis plus intéressé par le dessin ou le coloriage qui étaient ma passion auparavant. Comme Maman refuse de me forcer et veut suivre mes intérêts, elle a donc choisi de mettre de côté pour le moment le travail sur fiche pour privilégier le jeu à deux et m’apprendre à jouer de manière fonctionnelle.

Langage oral

Echanger, s’exprimer
- Entrer en relation avec autrui par la médiation des images, c’est-à-dire être capable d’apporter spontanément la photo de l’objet désiré (boire, dvd, pâte à modeler…)
- Acquérir du vocabulaire en situation en donnant l’objet désigné par l’interlocuteur (manteau, chaussures, quelques animaux,cuillère…)
- Écouter des chants et des comptines et essayer de les reconnaître
Comprendre
- Comprendre un message simple et agir ou répondre de façon pertinente (donne-moi la main, viens, tiens, manger, boire, sortir)
- Écouter en silence un petit conte ou une petite histoire lors de la lecture du soir avec mon grand frère
Progresser vers la maîtrise de la langue française

- Formuler, en se faisant comprendre, une demande
- Comprendre et acquérir quelques mots (manteau, chaussures, noms de quelques animaux)
- Produire des phrases correctes, même très courtes, avec la photo de l’objet désiré et le pictogramme « je veux »
- Généraliser la communication en se détachant de la photo pour aller vers l’image plus abstraite comme le dessin

Langage écrit

Se familiariser avec l’écrit
- Identifier quelques fonctions de l’écrit : observer et manipuler des livres dans la bibliothèque
- Écouter des histoires racontées par Maman lors de la lecture du soir
- Reconnaître son prénom avec sa photo
- Rapprocher des images identiques(PS)
- Trier des albums par héros (Trotro, Elmer, petit ours brun)
- Manipuler un livre correctement en respectant le sens des pages
- Repérer une comptine avec une image
Apprendre le principe alphabétique
- Mettre en relation des lettres pour former un mot
- Trier les lettres de l’alphabet en repérant leur forme
- Mémoriser la forme des lettres de l’alphabet en les plaçant dans un encastrement
Apprendre les gestes de l’écriture
Découverte de l’outil scripteur :
- Tenir de manière adaptée et efficace un outil scripteur (main, doigts, brosses, éponges, rouleaux, pinceaux, cotons-tiges, feutres, crayons de couleurs, craies grasses et sèches…)
- Manipuler des objets qui demandent une préhension variée et différente ( des pinces à linges, un économe, un moulin à légume ;..)
- Manipuler des outils scripteurs variés (pinceaux, crayons feutres, de couleurs, pastels, des formats variés (A3, A4, A5…), des supports variés (pâtes, papiers…)
- Apprendre à choisir l’outil adapté à la tâche d’écriture et au support
- Être capable d’utiliser l’espace de la feuille et couvrir cet espace, reconnaître le bas et le haut de la feuille, utiliser la feuille dans le sens demandé
- Travail sur les traces, les contours, les itinéraires, les trajectoires, les tracés continus et discontinus…
Le rond
- Peindre à l’intérieur de ronds
- Colorier à l’intérieur d’un rond délimité
- Faire des soleils avec de la pâte à sel, un feutre effaçable, avec et sans aide
- Tracer des cercles sur des pointillés
- Entourer des ronds
Prénom
- Faire son initiale avec de la pâte à modeler, de la pâte à sel

Progression découvrir le monde

Repérages dans l’espace
- Se situer dans l’espace (haut/bas) puis sur feuille
- Savoir se repérer pour se déplacer dans la maison et à l’extérieur sur indication d’une photo
- Réaliser des puzzles de 45 pièces
- Découvrir et se sensibiliser aux règles du jeu de mémory (avec des dessins collés à l’intérieur de bouchons puis des cartes)
Se repérer dans le temps

- Commencer à comprendre que les événements sont chronologiques avec des photos des activités à faire
- Suivre un emploi du temps avec de 2 à 4 photos et comprendre ca qui va suivre et ce qui a eu lieu
Découvrir les formes et les grandeurs
- Trier des objets en fonction de leur couleur
- Trier des objets par taille
- Trier des objets par leur forme
- Réaliser des algorithmes en variant les formes et les couleurs (sans puis avec modèle)
- Reconstituer un dessin en respectant les formes géométriques imposées
- Associer des formes identiques
- Utiliser des boîtes à formes
- Trier des formes
- Associer un objet à sa silhouette en respectant la forme
- Loto des formes
Approcher les quantités et les nombres

- Sensibilisation à la comptine numérique jusque 3
- Trier des cartes en raison du nombre d’éléments qu’elle contient (collection de 1 et 2 éléments)
- Distribuer des objets : un pour associer un
- Utiliser une boîte à compter et mettre autant d’objets qu’il y a de points eu égard aux constellations des dés
Activités logiques
- Établir une relation entre deux objets :animaux/nourriture; animaux/habitats; métier/objet
- Trier des objets selon un critère et les classer ( la couleur , la forme ou la taille )
- Réaliser une collection en fonction d’une propriété, trier et classer des objets selon un critère donné
- Former des couples d’objets selon une couleur ou une relation donnée
- Reproduire et poursuivre des suites ordonnées ( suites de couleurs et formes)
- Ranger les coins jouets correctement en les triant
- Pratiquer des jeux en règle simple
- Réaliser un collier de perles en respectant le modèle
- Associer un animal et son petit, T’choupi et l’objet dont il a besoin
Découvrir les objets
- Découverte des jeux de constructions : cubes, duplos, légos : aligner, empiler
- Reproduire un modèle simple avec des duplos, des cubes
- Utiliser des outils scripteurs : pinceaux à colle, feutre (mettre le capuchon)
- Le lavabo, les robinets : tourner , fermer sans éclabousser
- Les ciseaux : commencer à les utiliser
- Découverte du petit matériel de motricité (balle, cerceaux, sacs de sable, tunnel…
- Découverte des objets techniques : le couteau et le moulin à légume pour faire de la compote de pommes, de la soupe
- Découverte des formes de fermetures des vêtements : boutons, fermeture éclair, pression, lacets : repérer les fermetures , observer leur fonctionnement apprendre à les maîtriser
Découvrir la matière
- L’eau : se laver les mains, faire couler
- Manipuler différentes textures : semoule, sable, lentilles, de l’eau, de la farine pour y chercher des éléments cachés, faire des transvasement, faire du tri
- Avec de la pâte à modeler couper des morceaux de serpent, faire une galette, faire des boules
- Jouer au loto sensoriel
- Jouer au mémory des sons et des sacs tactiles
- Travailler le souffle en utilisant divers sifflets, bulles
Découvrir le vivant

- Connaître les différentes parties du corps humain avec un jeu de carte, désigner son nez, ses yeux, sa bouche puis reconstituer un visage
- Connaître quelques règles d’hygiène du corps et des locaux : apprendre à se laver les mains, utiliser les toilettes, se frotter les pieds…
- Le schéma corporel : jeux de doigts et prise de conscience de la main, des doigts et des bras
- Le corps en mouvement : prise de conscience des grands moyens de locomotion : marcher, sauter et courir
- Hygiène : Prendre l’habitude de se laver les mains et les dents
- L’ouïe : écouter les bruits de la vie quotidienne et les identifier

Programmation Socialisation
- Accepter de quitter le milieu familial
- Communiquer avec l’adulte en utilisant des photos
- Entrer en relation avec les autres enfants de la garderie ou de ma famille
- Respecter les règles de vie commune et les autres
- Jouer à un jeu de société avec mon frère

Programmation imitation
L’imitation est la base de nombreux apprentissages notamment l’autonomie, la verbalisation ou la socialisation. Les enfants neurotypiques imitent l’adulte ou les autres enfants de manière inné. ce n’est pas le cas pour les enfants autistes chez qui les capacités d’imitation font défauts. Cela explique le retard de développement de nombreux autistes. je n’imite pas du tout et c’est un domaine que Maman estime nécessaire de travailler.
Imitation non verbale
- Faire rouler une voiture, un train
- Coiffer une poupée, lui donner à manger, le biberon
- Enlever un vêtement par imitation ( une chaussette, un gilet…)
- Faire une tour avec des cubes, un mur par imitation
- Faire sonner une cloche, taper sur un tambour, jouer au xylophone
- Mettre un chapeau, un bonnet
- Répondre au téléphone
- Lancer une balle, la faire rouler, la lancer dans un seau
- Faire tomber des quilles
- Souffler dans un sifflet
- Faire tourner une toupie
- Pincer des pinces à linge
- Remplir un seau avec du sable et une pelle
- Faire une boule en pâte à sel, une galette, découper un serpent…
Imitation verbale
- Faire vrrrrrrr pour imiter la voiture
- Faire tchou tchou pour imiter le train
- Faire Sssssssss pour imiter le serpent
- Faire boum quand quelque chose tombe
- Faire ho hisssss quand on tire sur quelque chose
- Imiter certains cris d’animaux meuh, bê

Programmation attention conjointe

Comme mes copains autistes, je suis dans mon monde et je n’ai pas conscience des personnes qui m’entourent. Maman veut essayer, par ces activités, de m’apprendre à obtenir l’attention de l’autre pour augmenter mon désir d’interaction sociale.
- Montrer du doigt
- Jouer au ballon avec une autre personne
- Lancer une voiture à deux
- Faire un puzzle à deux
- Réaliser un abaque à deux
- Comprendre la notion de « à toi »  » à moi »
- Jouer à un jeu de société

L’échange d’images

Maman a mis en place un système de communication par échange d’images via la méthode PECS. Le principe est simple : quand je veux quelque chose, je dois lui donner l’image correspondant à mon désir. Au début, Maman utilisait des pictogrammes et des images figuratives. J’ai vite compris l’échange : je savais que si je donnais une image j’obtenais quelque chose. Cependant, j’avais beaucoup de mal à discriminer les images si bien que souvent j’apportais toutes les images à ma disposition sans savoir laquelle donner. Je ne reconnaissais pas les pictogrammes : s’il y en avait un sur le présentoir, je l’amenais sans comprendre ce qu’il représentait. Il m’est déjà arrivé d’apporter un papier qui traînait par terre, preuve que je ne comprenais pas l’importance de donner une images précise conformément à ma demande.

Maman a donc décidé depuis quelques semaines de remédier à cette faille. Elle n’a pas voulu abandonner le système mis en place car je suis tout de suite rentré dans l’échange et la communication même si cette méthode est très critiquée car contraignante : il faut avoir les images à disposition et illusoire : on ne peut pas communiquer dans la vie avec des images et avoir un discours spontané. Bref, Maman se fiche des critiques ce qui compte c’est que je comprenne le système et que je commence à ébaucher un semblant de communication.

Le seul moyen pour m’aider à discriminer les images a été de revenir à la photo. Maman utilisait, au début, quelques photos mais n’avait pas insisté car cela rajoute une autre contrainte à savoir celle d’avoir la photo de l’objet désiré. De plus, il faudra travailler la généralisation pour que xavier n’associe pas le mot « voiture » à une voiture précise prise en photo.

Maman a donc organisé 4 classeurs ( petit format pour être plus facile à transporter partout)qui renferment chacun les photos classées par catégorie :

Les objets que j’affectionnent le plus:
-Maman a découpé les pochettes des dvd donc quand je veux mon dvd ou que je veux qu’elle le relance je donne la photo correspondante:
Photo hérbergée par zimagez.com
- Maman a pris en photo le pot de bulles et celui de pâte à modeler
-Mes livres préférés:
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- Mes puzzles favoris ont également été pris en photo

Maman a pris en photo tous les jouets qui me plaisent ce qui me permet de faire des demandes et de m’exprimer.

-Les lieux que je fréquente :
-Maman ne s’est pas limitée aux objets, elle a aussi pris des photos des lieux où je suis susceptible d’aller pour m’expliquer où je dois me déplacer. Je ne comprends que très peu le langage verbal. Si Maman me dit : »on va au bain », je ne réagis pas toujours, par contre, avec la photo j’y vais tout de suite.
-Maman a également préparé les photos des cabinets des professionnels que je vois.
Les photos facilite les déplacements et permettront de créer, plus tard, un emploi du temps visuel qui sera important pour diminuer mon angoisse de l’imprévu et de l’inconnu.
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-Les activités que je fais
Les photos des différentes activités structurent les séances de travail. Maman me propose les photos des tâches que je vais effectuer.
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-Les objets que je vais être amené à utiliser:
Cette catégorie rejoint la première mais ces objets ne sont pas utilisés en jeux libres mais plutôt en séance pour travailler la correspondance objet réel/ photo et pour faire les activités comme le crayon.
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La nourriture:
J’ai de gros troubles alimentaires. Maman n’utilise donc pas les récompenses alimentaires. Elle a essayé de faire les photos des petites choses que je peux réclamer comme le pain et l’eau. Le tout est placé sur le frigo.
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Les images que j’utilise des objets que j’utilise dans ma chambre se trouve dans cette pièce. je dois donc me déplacer chercher la carte au bon endroit en fonction de ma demande. Voici le présentoir d’images qui se trouve dans ma chambre. Pour le détail, Maman accroche les photos avec du scratch adhésif car je mange la patafix :

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Bilan:

Après 5 semaines d’utilisation, le bilan est positif. Je regarde vraiment les photos et je réfléchis . Je n’apporte plus toutes les images ou n’importe laquelle. Je me pose devant le présentoir et je regarde celle désirée. Il m’arrive même de fouiller dans les classeurs à la recherche de la photo que je désire. De plus, quand je ne sais pas quelle photo prendre ( par exemple, la pomme prise en photo est rouge et celle que maman vient d’acheter sont jaunes alors je suis perdu: voici les limites de la photo!)Je n’apporte aucune photo et je reviens voir Maman , je ne les apporte pas toutes.

Maintenant il faut travailler la catégorisation et la généralisation car le risque de travailler avec la photo trop longtemps est de me sur-handicaper en m’empêchant de communiquer car on ne peut pas tout prendre en photo.

Ma nouvelle chambre

Ca y est : cela fait deux mois que l’on a déménagé et ma chambre est enfin prête. Tout est aménagé pour m’aider à travailler et progresser. Maman s’est inspirée des espaces TEACCH mais n’a pas gardé le côté aseptisé (pas de décorations) car je suis encore petit et j’ai le droit d’avoir une jolie chambre.

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Merci Papa pour la tapisserie qui me rappelle « KIRIKOU » !

Cependant, Maman a organisé un espace de travail autonome comme le préconise la méthode TEACCH :

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A gauche, on prend le travail :

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Au milieu, on travaille :
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A droite, c’est fini (on fait tomber dans la bassine le panier ou le plateau une fois utilisé) !

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Pour le travail en séance dirigée, donc pour les apprentissages, il y a un espace de travail en face à face :

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Mon lit est en hauteur (mes parents avaient déjà remarqué que j’adorais ce type de lit, où je me sens perché et dans mon espace bien à moi. J’adorais me percher sur celui de mon grand frère Louis. Du coup, j’avais déjà pu bénéficier de ce type de lit pour ma maison de vacances – voir ce billet -) et en-dessous j’ai un coin bibliothèque :

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Un espace est réservé pour mes jeux libres :

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Un coin est réservé pour ranger mes véhicules et mes maisons que je passe mon temps à aligner :

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Mes caisses de jeux sont triées et étiquetées avec des pictos pour me rappeler la méthode PECS:

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Les jeux sont en hauteur pour que je n’y touche pas et que Maman ait tout son matériel à disposition :
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Ma télé est enfermée dans un placard :

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Mon tableau PECS est au milieu de ma chambre pour le rendre plus visible:

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Je suis super heureux dans cette nouvelle chambre que j’ai immédiatement adoptée, tout comme le petit jardin de l’appartement.

Quelques modifications dans l’utilisation de la méthode PECS

Cela fait six mois que Maman a mis en place la méthode PECS. Au début, cela a très bien marché mais je commence à stagner. Maman a donc décidé d’apporter quelques modifications dans notre organisation :

Suppression du classeur de communication

Je ne suis pas du tout autonome dans l’utilisation de mon classeur. Je ne vais pas spontanément y chercher mes images, c’est à Maman de s’arranger pour que l’image dont j’ai besoin soit accessible et elle me montre le classeur et me dit de lui donner la carte. C’est donc très compliqué pour maman quand elle est dans la cuisine, que je veux demander à boire et que le classeur est à l’étage dans ma chambre.

C’est donc pour cette raison que Maman a décidé de supprimer le classeur. A la place elle a installé des panneau de plexiglas sur lesquels elle a mis du scratch adhésif et des images. Elle a placé une plaque dans chaque pièce et n’y a disposé que les images dont je suis susceptible d’avoir besoin dans la pièce en question. En effet, mes demandes ne sont pas les mêmes dans ma chambre et dans la cuisine.

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Agrandissement des images

J’ai très vite compris et acquis la phase 1 de la méthode. je sais que si j’apporte une image j’obtiens une chose mais je suis capable d’apporter n’importe quelle image, j’ai dû mal à les discriminer ou pire encore je les amène toutes. Quand Maman me refuse quelque chose, comme un gâteau, parce qu’il n’est pas l’heure, je ramasse un bout de papier qui traîne par terre et sans m’énerver je lui apporte. Maman est tellement contente qu’elle me donne mon gâteau même si en appliquant strictement la méthode elle ne devrait pas.

Bref, Maman est donc reparti de la phase 2 alors qu’au bout d’un mois je discriminais quelques images comme celle du « puzzle » ou « des bulles ». Je ne peux pas progresser dans tous les domaines en même temps. Pendant les vacances j’ai amélioré mon comportement :je suis plus calme, j’écoute plus et je reste plus longtemps concentré mais au niveau de la communication j’ai peu progressé. Maman a donc agrandi certaines cartes en format A4 et elle a mis dans un petit coin la petite image. Elle n’a pas forcément agrandi le picto mais elle l’a rendu plus réaliste. Par exenple, pour la pâte à modeler, je reconnais le logo, pour le puzzle elle a mis une photo d’un de mes puzzles…C’est, ainsi, plus facile pour moi d’apporter la bonne image au bon moment.

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Pour l’instant, Maman travaille la discrimination des images en séance : elle me met sur un plan vertical une seule image :

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ou une image et une feuille blanche ou encore une image en haut et une en bas en laissant celle désirée en haut et en variant la taille des images:

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Quant à l’utilisation du PECS dans la vie quotidienne, pour que je donne la bonne image, Maman ne laisse à ma hauteur que l’image dont je vais avoir besoin au moment où elle sent que je vais demander l’objet en question.

Structuration visuelle des actions de ma journée

Je ne suis pas du tout autonome actuellement. Quand Maman me dit que l’on va se promener je ne réagit pas de même pour aller manger. Maman doit constamment me porter ou me prendre par la main pour m’amener vers ma poussette ou ma chaise haute. Ce n’est qu’ à ce moment-là que je comprends ce que Maman attend de moi. Pour m’aider elle a mis dans les différents endroits de la maison des cartes format A4 qui représentent les actions que je dois effectuer en ce lieu précisément.

Manger:
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Me laver les mains:
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Me laver:
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les images proviennent du livre « Parce qu’une image vaut mille mots » dont je vous ai déjà parlé.

A terme, Maman a prévu que je consule mon emploi du temps girafe et que j’apporte la carte correspondant à l’action à effectuer et la scratche sur la grande carte. Pour le moment, je regarde les pancartes et Maman me montre l’image en me verbalisant l’action désirée.
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Apprentissage de la propreté

Maman a décidé de se lancer dans ce grand apprentissage qui conditionne mon accès à l’autonomie. C’est assez difficile car je ne me rends pas compte quand je suis mouillé et peux rester des heures avec une couche qui fuit. De plus, avec ma petite sœur et mon frère, Maman ne peut pas passer son temps à me courir après pour nettoyer derrière moi.

Elle a donc essayé de mettre en place un système pour me sensibiliser à cet apprentissage.
Je dois désormais m’asseoir sur les toilettes au moins cinq fois par jour. C’est Maman qui m’y installe. Je suis assez passif alors je lui prends la main et j’accepte d’aller m’asseoir. Maman me donne mon coloriage magique et je m’installe pour présider.

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C’est déjà une chance que j’accepte de m’asseoir et d’attendre sans faire de colère. Je suis bien installé et reste calme.

Pour matérialiser le fait que j’aille aux toilettes, Maman a installé un compteur sur la porte des toilettes. Il y a cinq pictogrammes signifiant les toilettes les uns en dessous des autres

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et quand je vais m’asseoir sur la cuvette j’en prends un pour le mettre sur le grand modèle à ma gauche.

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Le soir, les petits pictogrammes sur la porte doivent avoir disparus ce qui signifie que le contrat est rempli : je suis allé cinq fois aux toilettes pendant la journée. Maman a établi mon horloge biologique et a noté les moments clés. Elle m’emmène 45 minutes après mes biberons le matin et au goûter et avant de sortir vers 11h le matin et après les repas du midi et du soir. On va essayer comme cela pendant un mois et on rajoutera peut-être des « pauses pipi » au fil du temps mais il faut mieux aller doucement mais sûrement. Maman ne veut pas me brusquer et déclencher des crises pour aller aux toilettes.

Maman a trouvé les pictogrammes dans cet ouvrage :

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Il est très bien fait car il est accompagné d’un cd-rom ce qui permet d’avoir les pictogrammes en plusieurs exemplaires et les pictogrammes peuvent aussi être obtenus en format A4 ce qui est très utile pour fabriquer des jeux pour aider à la discrimination des images, action indispensable dans l’utilisation du PECS.

Le livre vaut 39 euros chez AFD diffusion ICI.

Les « spotys »

Pour exercer ma motricité fine, Maman m’a présenté un nouvel outil : les spotys. Il s’agit de petits réservoirs de peinture surmontés d’une petite éponge qui s’imbibe de peinture au fur et à mesure que l’on appuie sur le spoty.

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L’avantage de ce matériel est qu’il oblige celui qui l’utilise à serrer ses doigts contre sa paume pour pouvoir faire un tracé. Il faut donc être capable de coordonner ses mouvements : pincer et appuyer. De plus, l’apprentissage du point peut se faire facilement puisque que le spoty, par sa forme, implique un tracé de points.

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Il y a quelques mois, Maman m’avait présenté les spotys mais je n’arrivais pas à les utiliser seuls. C’était très dur de coordonner mes gestes. D’ailleurs, à ce moment là Maman avait utilisé les spotys pour que j’utilise le pictogramme « aide-moi » car j’ai été attiré par ce drôle d’objet dès la première présentation. Maintenant, preuve en image, je suis très appliqué dans l’utilisation des spotys.

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L’autre avantage des spotys c’est qu’ils permettent de faire de la peinture « proprement » : aucun risque que le pot de peinture tombe par terre ou que la peinture coule partout.

Formation TEACCH

La semaine dernière, Maman a fait une formation à la méthode TEACCH avec l’association Pro Aid Autisme.
Je vais lui laisser la parole pour qu’elle vous explique ce qu’elle y a appris.

La méthode TEACCH est un programme dont le berceau se trouve en Caroline du Nord. Elle a été créée dans les années 70 par Eric Shoepler. Cette méthode repose sur le principe selon lequel il ne faut pas se battre contre l’autisme mais travailler avec lui. L’objectif de cette méthode consiste à rendre l’individu autonome et apte à vivre en société.

A long terme, le but poursuivi par l’approche TEACCH réside « à la fois dans le développement des compétences et dans l’épanouissement des besoins humains fondamentaux que sont la dignité, le fait de s’adonner à des activités utiles et personnellement significatives, le sentiment de sécurité, la perception d’efficacité personnelle et la confiance en soi ».

Afin de pouvoir travailler avec l’autisme, le programme a développé un concept appelé « la culture de l’autisme ». Il s’agit d’observer la personne autiste afin de voir ses difficultés pour mieux adapter les apprentissages.

Parmi les caractéristiques de la personne autiste, il y a :

- puissance du canal visuel
- attention focalisée sur les détails au détriment de l’ensemble
- problème dans les associations d’idées
- problème de communication
- problème lié au repérage dans le temps
- attachement à certaines activités qu’elle répète sans se lasser
- attachement aux routines
- rigidité
- préférences sensorielles

Une longue observation de chacune des personnes autistes permet de personnaliser cette liste non exhaustive.

A partir de ces observations, le programme TEACCH propose un « enseignement structuré » qui est la base l’approche de Schoepler.

Le premier principe de TEACCH, une fois les observations effectuées, est de construire un emploi du temps afin que la personne autiste ait des repères dans le temps et dans l’espace. Chaque activité est prévue et planifiée rigoureusement par différents moyens (l’écrit, le picto, le dessin, la photo ou l’objet).

Le second principe est de proposer des activités structurées de sorte que la personne autiste sache ce qu’on lui demande, où elle doit se placer et quand l’activité est terminée, sans que l’adulte ne le lui dise. Le langage est un objectif, mais pas un outil. En effet, selon l’approche TEACCH, les repères visuels remplacent la parole souvent peu comprise par les autistes.

Voilà un exemple de présentation d’une activité structurée d’après le programme TEACCH. Très facilement, l’enfant comprend la consigne visuellement. Il s’agit d’une activité de tri par couleur. Les repères sont nets et le concept de fin marqué (quand il n’y a plus d’épingles dans le pot de gauche) :

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En ce qui concerne le troisième principe, il vise le traitement des comportements des personnes autistes. Il ne s’agit pas d’éradiquer les comportements socialement dérangeants ou non fonctionnels, il faut les encadrer afin qu’ils disparaissent petit à petit. Par exemple, si votre enfant aime tirer la chasse d’eau et le fait toute la journée, il faut s’en servir comme d’un renforçateur en marquant le tirage de la chasse d’eau sur l’emploi du temps après une séance de travail. Ainsi, au lieu de le faire 100 fois dans la journée, il ne le fera que 20 et ce comportement disparaîtra petit à petit.

La dernière partie du stage concernait des questions pour savoir la différence avec la méthode ABA, voilà les réponses qui ont été faites :

- Comme la méthode ABA, la méthode TEACCH décompose les apprentissages (ex : le lavage des mains : on apprend successivement à la personne autiste à mouiller ses mains, puis prendre le savon…).
- Avec TEACCH, on travaille avec l’autisme et non contre, ce que fait la méthode ABA.
- Selon l’approche TEACCH, l’enseignant doit s’adapter à l’autiste alors que, d’après le programme d’analyse appliquée du comportement (ABA) il s’agit d’adapter l’autiste à son environnement.
- Le programme de Schoepler part des intérêts de l’enfant, alors que la méthode ABA utilise des renforçateurs une fois le but atteint.
- La gestion des stéréotypies est également différente puisque d’un côté on fait avec en les encadrant (TEACCH), alors que de l’autre on souhaite les éradiquer à tout prix (ABA).

Le programme TEACCH se base sur les forces et les compétences émergentes de la personne autiste pour agir de telle ou telle façon, alors que la méthode ABA pousse l’enfant à acquérir de nouvelles compétences.

Pour conclure, je tiens à dire que cette formation a été très enrichissante et qu’elle m’a permis de mieux comprendre le mystère de l’autisme. Elle m’a également donné de nombreuses pistes de travail que je vous ferai partager lors de mes prochains billets. Je tiens à préciser que la différence entre la méthode ABA et le programme TEACCH, que j’ai présentée, est informative et concerne l’avis des formateurs à la méthode TEACCH (qui ne sont donc pas des pro-ABA). Je ne suis pas pour l’une ou l’autre, je prends ce que je pense être le meilleur dans chacune des méthodes pour aider Xavier.

Voici un lien vers d’autres activités structurées d’après les concepts développés par la méthode TEACCH.

Activités gommettes

A cause de mon autisme, j’ai tendance à tout aligner, car cela me rassure. Par conséquent, quand Maman me donne des gommettes pour agrémenter mes dessins, voilà  ce que ça donne :

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Maman a donc essayé de trouver des subterfuges pour m’éviter d’aligner les gommettes. Elle m’apprend donc à disposer des gommettes de manière fonctionnelle. Il s’agit de former le corps d’une souris, d’une araignée ou de faire un soleil.

Par exemple, avec cette fiche, je devais placer les pommes dans le pommier.

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Avant de poser les gommettes, Maman m’entraîne à situer la position en me demandant de placer une boule de pâte à  modeler dans le pommier.

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Ensuite, je dois colorier les pommes.

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Enfin, je pose les pommes dans le pommier.

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Maman m’aide avec une guidance physique, mais lorsque j’ai mis 3 fois les pommes au même endroit dans le pommier avec des outils différents, j’arrive seul à exécuter la consigne.

Cette activité permet de travailler plusieurs domaines:
- la motricité fine, car il faut prendre les gommettes avec la pince des doigts
- le langage, puisque je dois donner le pictogramme « gommettes » pour obtenir mes gommettes
- la coordination oeil-main, puisqu’il faut viser pour disposer les pommes correctement

Pour agrémenter l’activité et me motiver, Maman chante une chanson associée, ici, c’est :

Pomme de reinette et pomme d’api
Tapis, tapis rouge
Pomme de reinette ett pomme d’api
Tapis, tapis gris
Mets la main derrière ton dos
Ou j’te donne un coup de marteau
POUM

Voici d’autres fiches que Maman me propose en suivant la même progression:

-la souris

Photo hérbergée par zimagez.com

-la girafe bien sûr!

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-L’araignée

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Vous pouvez télécharger les modèles ci-dessous :

-la tortue
-la souris
-la girafe
-l’araignée
-le pommier
-le soleil
-la chenille
-le poisson

J’utilise des gommettes rondes, pour l’instant, car elles sont plus faciles à utiliser. Je ne différencie pas trop les couleurs non plus. l’objectif de Maman est de me faire respecter une consigne et me contrarier afin que je fasse des activités fonctionnelles (mettre des pommes dans un pommier) plutôt que des activités stéréotypées (aligner des gommettes).

Un nouveau pictogramme : « Aide-moi »

Il y a quelques jours, Maman m’a mis à disposition un nouveau pictogramme, qu’elle est très fière que j’utilise. Il représente une notion très abstraite pour moi, loin des pictogrammes habituels représentant un objet de mon environnement.

Notion naturelle pour tout enfant, celle de demander de l’aide à son entourage pour réaliser les actions que l’on ne parvient pas à réaliser seul.

Moi, jusque maintenant, je me contentais d’aller trouver mon Papa ou ma Maman, parfois mon grand frère Louis, et de leur attraper la main en les tirant jusqu’à l’endroit où je souhaite qu’ils fassent quelque chose pour moi. Je vais par exemple jusqu’à conduire leur main jusqu’à la poignée d’une porte que je souhaite qu’ils ouvrent. Normalement, et parce qu’ils ont appris à bien me comprendre, cela marche.

Mais prendre les personnes de mon entourage pour des « outils » ne semble pas satisfaire mes parents. Ils ont donc introduit dans le cadre du PECS un nouveau pictogramme qui signifie : « Aide-moi ».

Lorsque j’ai besoin de leur aide, il me suffit donc (cela nécessite pour l’instant encore qu’ils me disent « Xavier, Aide-moi ? Va chercher la carte ! », avec un geste de main tendue qui me fait bien comprendre que je dois les solliciter de manière plus formelle et sociale…) d’aller chercher le pictogramme sur mon classeur de communication, et de venir la leur donner.

A ce moment-là, ils viennent m’aider, et je suis très content et fier d’avoir pu obtenir cette aide.

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Ce pictogramme ressemble à la main que je sollicitais jusque maintenant et utilisais comme outil.

Mon premier classeur de communication

Maman a terminé mon premier classeur de communication. Elle a réalisé des pictogrammes pour tous les moments clés de la journée. Elle a ainsi disposé sur des pages de couleur les pictogrammes en les rassemblant par thème.

Il y a deux pages qui correspondent aux pictogrammes représentant les activités prévues lors des séances de travail:

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Il y a d’autres pages sur lesquelles sont disposés les pictogrammes qui seront utilisés lors des repas :

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Les pages jaune et verte correspondent aux symboles que j’utilise pour demander mes jouets ou ce que j’aime (sortir, la télé…) :

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Enfin, une dernière page est consacrée à mon doudou et à ma tétine. Maman n’a pas oublié de faire des cartes blanches afin que l’on puisse dessiner l’objet désiré avec un crayon velleda.

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Ce classeur nous suit partout car il me permet de communiquer, de dire ce que je veux.

Maman a pioché un peu partout pour fabriquer les pictogrammes. Elle a fait en sorte de ne pas tous les faire de la même taille et de la même couleur afin que je puisse plus facilement les discriminer. Voici quelques adresses de sites qui l’ont aidée à trouver son inspiration :

- le site de la maternelle de moustache
- les pictogrammes de cigale
- Do2learn
- les pictogrammes de sa formation PECS France

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Olivier Ange |
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