Bilan Janvier/Février/Mars/Avril

Encore une fois le bilan est positif. Les progrès sont certes lents mais ils sont là, alors on continue. Xavier n’a aucune difficulté dans les apprentissages scolaires, si ce n’est pour le graphisme et tout ce qui s’apprend en imitant. Il est beaucoup plus autonome et surtout IL REGARDE. Il observe les situations, les personnes et comprend donc mieux ce qu’on lui demande. Cependant la compréhension du vocabulaire est quasi nulle.

Langage oral

Echanger, s’exprimer

Je n’apporte toujours pas spontanément la photo de l’objet que je souhaite : j’ai toujours tendance à tirer la main de mon interlocuteur vers l’objet désiré, mais j’accompagne mon geste d’un regard et c’est très important car je commence à communiquer et à moins instrumentaliser l’autre. Je commence à me servir des supports fabriqués par Maman pour faire des choix et préciser mes préférences.

La grande nouvelle de ce dernier mois est que je commence à  dire quelques mots. Parfois, je répète le mot que l’on vient de me dire et parfois je le dis spontanément. Bien sûr, comme beaucoup d’autistes, je pratique l’écholalie, mais au moins je dis quelque chose. Voici la liste des mots de mon répertoire :

Non – encore – maman – pa (pour pâte à  modeler) – ba (pour balle)

Ce n’est pas grand chose mais un début.

Comprendre

J’ai toujours beaucoup de problèmes pour comprendre le langage verbal. Je semble saisir le sens de certains mots comme les verbes : « donne, viens » mais je ne comprends aucun mot de vocabulaire. Les photos m’aident à comprendre quel objet on veut que j’aille chercher ou que j’apporte. Là  encore mes progrès dans le cadre de l’attention conjointe me permettent de comprendre les situations. Je semble ainsi moins indifférent aux paroles de Maman même si cette dernière voit bien que je ne comprends vraiment rien, mais ce n’est pas faute d’essayer. Je ne décode pas le langage oral. Je suis comme un sourd qui ne lit pas sur les lèvres ou un français qui arrive en Chine sauf que moi je ne comprends pas les gestes, et les pratique encore moins.

Je participe beaucoup plus à  la lecture du soir que Maman fait désormais à table pour capter son auditoire et éviter mes cris qui accompagnent rituellement ce genre de moments.

Langage écrit

Se familiariser avec l’écrit

Je tourne toutes les pages des livres et même si j’ai toujours mes rituels je tourne toutes les pages et n’observe plus pendant des heures la même.

Apprendre le principe alphabétique

J’ai d’excellentes compétences en discrimination visuelle si bien que je suis capable de mettre en relation des lettres pour former un mot et je suis imbattable au loto quel qu’il soit.

Apprendre les gestes de l’écriture

Je ne tiens pas trop mal mon crayon et je maîtrise mes traces. Je suis capable de réaliser un coloriage presque sans dépasser, mais par contre j’ai tendance à  recolorier par dessus la première couche.

Eu égard à  mes difficultés dans le cadre de l’imitation gestuelle, j’ai beaucoup de difficultés en graphisme. Je n’ai pas conscience de mon corps alors je ne sais pas m’en servir alors pour reproduire un geste que l’on me montre c’est dur dur, mais Maman persévère.

Quand je dessine librement je tourne avec mon crayon, je fais des escargots comme dans l’espace finalement s’il est vide (c’est-à-dire sans objet) je tourne en rond.

Progression découvrir le monde

Repérage dans l’espace

Je réalise seul des puzzles de 50 pièces à une vitesse éclaire. Je suis très organisé : je forme le tour puis le milieu.

Se repérer dans le temps

Maman vient juste de mettre en place un emploi du temps visuel qu’elle vous fera bientôt partager et je regarde les photos de moi. Je semble intéressé, alors la suite au prochain numéro.


Découvrir les formes et les grandeurs

Je trie parfaitement les formes et les couleurs. Je commence à reconnaître certaines couleurs comme le rouge et le jaune. Je réalise des algorithmes à deux éléments avec un modèle et différents matériaux.
Nous n’avons pas encore beaucoup travaillé le tri par taille.

Approcher les quantités et les nombres

Le trimestre est passé très vite et Maman n’a pas beaucoup insisté sur la comptine numérique.

Activités logiques

Maintenant que je pose mon regard sur les choses, j’ai beaucoup moins de difficultés à reproduire un modèle et je commence à faire la relation entre certains objets. Par exemple, j’associe mon manteau et mes chaussures pour sortir, mon assiette et mon pot pour manger.

Découvrir les objets

Ma manière de jouer a beaucoup évolué. J’aligne toujours mais j’accepte que l’on me montre autre chose. L’autre jour, mon frère faisait des combats avec mes dinosaures et je le regardais très calmement au lieu de hurler parce qu’il m’avait pris mes animaux.

Je suis également capable de jouer aux légos seul dans ma chambre pour faire des tours.
J’essaie de mettre tout seul mes chaussures, je tourne pour ouvrir une porte avec une clé et je visse et dévisse. J’ai assoupli mon poignet ce qui est très positif en vue de l’apprentissage de l’écriture.

Découvrir la matière

J’aime beaucoup le contact avec le sable et l’eau et je m’adonne volontairement à ce genre d’activité. J’imite le transvasement et accepte de me laver les mains.
L’apprentissage du souffle est laborieux mais je suis très attentif et je mets ma bouche en cœur (comme pour faire un bisou) mais je n’arrive pas encore à  sortir un souffle. J’ai saisi le geste.

Découvrir le vivant

Je ne désigne aucune partie de mon corps mais je réalise un bonhomme avec des supports pédagogiques. Je suis plus à l’aise avec mon corps et tente d’imiter certains gestes comme le « caché coucou », le « tapé sur une table », le « au-revoir « ou le « frappé des mains ».

Quant à la motricité, je fais du toboggan, du trampoline et je passe sous un tunnel.

Programmation Socialisation

Au niveau de la socialisation, j’ai fait beaucoup de progrès. Je suis moins indifférent au monde qui m’entoure, je regarde les autres et semble me rendre compte de leur présence. Je suis toujours dans mon coin mais je sais que je ne suis pas seul. A la maison, avec mon frère et ma sœur, cela se passe bien. J’accepte de rester dans leur jardin en leur présence et imite les bêtises de mon frère. Quant à ma petite sœur, quand je monopolise le toboggan pour « battre des ailes en haut de celui-ci, elle me pousse car elle aussi veut la place. J’ai été surpris la première fois mais maintenant ça va. Quand mon frère joue au ballon j’adore être couché dans les buts et récupérer le ballon. J’adore être le soir dans le lit de mon grand frère, ou que lui vienne dans le mien, on fait les fous tous les deux. Louis est très heureux de ces moments avec moi.

Programmation imitation

J’ai beaucoup moins de difficultés pour imiter une action avec un objet, notamment avec les instruments de musique. Imiter un geste est plus compliqué mais j’essaie. Maman voit bien que je n’arrive vraiment pas à commander un geste avec mon cerveau car parfois, je la regarde et je semble vouloir faire mais je ne sais pas comment.

En ce qui concerne l’imitation verbale il n’y a pas de progrès, je ne produits aucun son sur demande ou en répétition.

Programmation attention conjointe

Comme Papa vous l’a fièrement annoncé dans un billet je commence à jouer à la balle et à la relancer à mon interlocuteur. Je ne désigne toujours pas du doigt mais quand un puzzle est sur l’étagère je le désigne avec ma main.

Voilà, le bilan arrive avec un peu de retard mais Maman est très occupée en ce moment. Le programme de ces prochains mois arrive bientôt, il est en phase de préparation.

Pâques

Pendant les vacances de Pâques, outre les séances de travail, je suis allé à la piscine, lieu que j’affectionne particulièrement, et nous avons fait  du vélo. Nous avons aussi préparé la fête de Pâques.

Voici quelques-unes de mes œuvres:

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Maman est très fière de ce coloriage réalisé sans aide. Elle est juste intervenue pour me retirer la feuille, car une fois le coloriage réalisé, j’ai tendance à reprendre une autre couleur pour repasser dessus :

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Les vacances se sont achevées par la chasse aux œufs. Ma sœur et mon frère ont adoré, et moi, comme d’habitude, je n’ai rien compris de l’effervescence qui régnait en ce jour particulier.

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Maman avait prévenu les cloches que j’étais différent, que je ne mangeais pas de chocolats et que je ne m’intéressais qu’aux puzzles. J’ai donc eu une poule un peu particulière :

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J’ai adoré assembler ce magnifique puzzle.

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Retour du PECS

Il y a un an Maman avait fait un stage de formation à la méthode PECS et avait donc mis en place avec moi cette méthode de communication. J’ai très vite compris le principe de l’échange : si je donne une carte, j’obtiens quelque chose. Par contre, je suis très passif et je ne vais pas spontanément chercher ma carte pour anticiper ma demande. Par exemple, quand je veux boire, je vais au robinet, enfin… je vais tirer Maman par le bras et je vais l’amener devant l’évier pour lui signifier mon envie. Maman me demande alors « d’aller chercher la carte » et j’y vais. Elle me donne alors à boire. Le principe du Pecs et de la communication en général repose sur la spontanéité de la demande. Je devrais aller chercher la carte et la donner à Maman à l’endroit où elle se trouve.

Maman a vite été découragée par mon attitude très passive et elle a petit à petit abandonné la méthode, car même pour cela je ne suis pas autonome, et attendre que j’amène la carte avant de me donner à boire dans ces conditions lui a paru inutile.

Cependant, au vu de mes progrès dans bien des domaines depuis un an, Maman a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’essayer de me rendre plus autonome dans la pratique du Pecs. Il s’agit aussi de la rendre plus motivante pour mon entourage.

Dans la vie quotidienne je prends peu d’initiatives et j’ai peu d’idées. je suis capable de ne rien faire pendant des heures. Il faut sans cesse me proposer des jeux car sinon je ne réclame rien. Je ne demande qu’un objet que je vois sur une étagère et toujours de la même façon en tirant le bras de Maman. Ainsi, Maman a décidé de me permettre de faire des choix.

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Que veux-tu faire ?

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Maman me propose un choix entre deux activités qui sont en photos et je dois lui répondre en prenant la carte qui me convient et en la scratchant sur le support prévu pour cela et je donne ensuite ma bande phrase.
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Au début, j’ai besoin d’une guidance physique et Maman me facilite la tâche en mettant deux cartes dont une vierge en étant sûre que l’activité proposée me plaise.

Quel Dvd veux-tu ?

Je regarde beaucoup les DVD, mais je ne m’intéresse pas à n’importe quel dessin animé, alors Maman me laisse faire un choix et ma bande phrase.

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Que veux-tu manger ?

Toujours pareil quand je me promène dans la cuisine, Maman me propose un choix et je fais une nouvelle bande phrase « Je veux… »

Maman utilise des photos des objets ou des aliments car je ne généralise pas et j’ai du mal à passer de l’objet à sa représentation. Question organisation matérielle, Maman a préparé 3 paniers dans lesquels elle a mis les cartes pour les Dvd (5 environ), les cartes qui concernent la nourriture et un autre avec les photos de mes jeux favoris (5 environ). En effet, mettre les images dans un classeur ne lui semblait pas pratique car je ne tourne pas les pages. Afficher les images est également compliqué car tous les thèmes sont mélangés. les paniers c’est assez pratique car je pioche les cartes, les aligne par terre et les regarde.

Les instruments de musique

Les enfants neurotypiques apprennent la plupart des choses en imitant les adultes ou les autres enfants qui les entourent. Ainsi, un enfant de 15-18 mois tape sur une casserole avec une cuillère par imitation. On voit aussi les petites filles donner à manger à leur poupée et les garçons faire rouler une voiture. Les enfants comme moi n’ont pas ce sens inné de l’imitation. par conséquent, on présente un gros retard de développement et une façon de jouer très particulière et souvent non fonctionnelle.

Il faut donc m’apprendre à imiter pour que je gagne en autonomie, que je mette mon manteau, que j’aille chercher mes chaussures. C’est un travail de longue haleine car pour imiter il faut regarder et l’attention conjointe me fait défaut.

Pour m’aider, Maman utilise des instruments de musique :
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Voici quelques activités qu’elle me propose :
- taper sur un tambour
- secouer des maracas
- secouer une clochette
- taper des castagnettes
- souffler dans une trompette
- faire du xylophone
- frapper des cymbales

Ce sont des activités qui peuvent paraître très simples, mais cela est très difficile pour moi. Au début, j’ai besoin de beaucoup de guidance. Maman me prend les mains pour taper sur le tambour et souvent en réponse je lui prends les mains pour taper sur le tambour. Je n’ai pas conscience de mon corps, je ne sais pas que ma main est au bout de mon bras et que je peux la commander avec mon cerveau.

Ce problème de coordination me pose beaucoup de problème pour imiter avec mon corps. C’est pour cette raison que Maman commence avec des objets simples et qui me plaisent.

En effet, j’aime beaucoup la musique, et je suis attiré par les sons produits, ce qui facilite les exercices.

A Noël, j’ai eu ce joli piano de chez Fnac éveil et jeux:

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Il est très bien, car pour le faire fonctionner il ne suffit pas d’appuyer sur la touche, il faut utiliser l’index (doigt lié au pointage, activité également non innée chez les enfants autistes) et taper d’un coup sec. J’aimais beaucoup écouter ma Maman jouer du piano ou ma sœur, qui a vite compris comment l’utiliser mais je n’arrivais pas à en jouer. Finalement, avec beaucoup d’aide et beaucoup d’entraînement je joue seul désormais : j’ai appris par imitation !

Les 30 ans de Papa

Pour le passage de Papa à la dizaine supérieure, nous avons passé un week-end un peu exceptionnel. Nous avions, mon frère, ma sœur et Maman, préparé quelques surprises que je vais vous présenter :

Visite du zoo de Thoiry:

Nous avons débuté la visite par un safari en voiture au milieu de la savane africaine. J’étais aux anges, je regardais par la fenêtre de la voiture les animaux.

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J’ai vu des zèbres, des éléphants, des ours, des bisons…

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…et des girafes, mes amis de toujours.

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(Désolé pour la qualité, cette video venant de l’iPhone.
La balade en voiture terminée, nous avons poursuivi à pied.
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Nous sommes partis à la rencontre des lions et des lionnes, des singes, des léopards
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et bien d’autres encore. J’observais les animaux et écoutais attentivement Papa et Maman me commenter la visite tandis que ma sœur Blanche pointait du doigt toutes les espèces que l’on croisait et que Louis posait des questions compliquées à Maman comme par exemple:
« - Maman, que mangent les lions?
- des zèbres, des antilopes, des gazelles
- Oui d’accord mais les soigneurs du zoo ne vont pas tuer les zèbres de la réserve pour nourrir les lions car après il faudra retourner en Afrique chercher des zèbres ! »

Retour à la maison

Bien fatigués après avoir passé 5h au zoo, nous sommes rentrés à la maison où Papa a pu souffler ses bougies. J’ai encore aimé admirer le beau gâteau et les bougies qui brillaient devant mes yeux.

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Chasse au trésor

La fête a continué et nous avons fait une chasse au trésor, même si je préférais m’occuper du gâteau de bonbons.

Tantôt je comptais les bonbons,

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tantôt je les retirais du socle pour les enlever.

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Voilà nous avons passé de bons moments en famille et pour terminer la journée, j’ai donné le cadeau que j’avais préparé pour Papa. J’ai suivi le chemin tracé par Maman et j’ai collé des gommettes pour faire un cœur.

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Moi aussi, j’ai eu le droit à un petit cadeau pour participer à la fête. Comme d’habitude, je n’y ai d’abord prêté qu’une attention toute relative :

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Dis-moi Maman c’est un homme ou un animal?

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Le titre m’a interpellée et c’est pour cette raison que j’ai acheté le livre et commencé sa lecture. Je me suis imaginée que c’était un enfant dans la rue qui demandait cela à sa maman en désignant un enfant autiste. C’est peut-être dur à  dire mais parfois Xavier a des réactions plus proches du comportement d’un animal que celui d’un enfant. Il ne communique pas comme un enfant, il se fait comprendre comme le fait un animal qui ne parle pas. Mais ce n’était pas du tout le sujet du livre que j’ai trouvé cependant très intéressant.

C’est une Maman qui raconte les problèmes qu’elle rencontre avec son fils autiste à  savoir son hypersélectivité. En effet, les enfants autistes sont hypersélectifs : ils ne mangent qu’une marque de gâteau, ne peuvent manger qu’avec une cuillère rouge dans un bol bleu. Cela parait idiot mais cela peut empoisonner une vie au quotidien. Cependant, la maman va plus loin et explique pourquoi les autistes ont beaucoup de mal à  comprendre et assimiler le vocabulaire. Par exemple, quand on montre une chaise à  nos enfants en la désignant il assimile que c’est une chaise mais il s’attache aux détails comme la couleur, la taille, la forme… Ce qui explique sa difficulté à  généraliser. Si on lui montre une autre chaise au design différent et qu’on lui demande ce que c’est il ne reconnait pas la chaise car il s’est tellement attaché aux détails qu’il ne retrouve pas que pour lui on ne peut pas qualifier cet autre objet de chaise.

Pour en revenir au titre je vais vous raconter l’anecdote. Thomas, le héros du livre, pose cette question à sa maman en voyant une vielle dame dans la rue. En effet, la dame âgée ne correspondait pas aux schémas physiques qu’il se faisait de l’humain, si bien qu’il ne peut la qualifier.

Le livre est très bien écrit et très formateur car la maman explique très bien les situations embarrassantes que peut engendrer ce problème d’hypersélectivité. De plus, les problèmes de comportement ont souvent pour origine une incompréhension de la part de l’enfant autiste du fait de son hypersélectivité. Voilà encore un livre qui va me rapprocher de Xavier en m’aidant à mieux le comprendre.

Vous pouvez acheter le livre ICI.

Ma lecture m’a beaucoup aidée pour comprendre pourquoi Xavier comprend certains verbes comme  » manger, boire, dormir, donner, s’asseoir » mais a beaucoup de mal à assimiler le vocabulaire. Morale de l’histoire : il faut que je généralise et quand je lui présente une girafe, il faut en présenter plusieurs différentes et fait des exercices de tri pour contrer cette hypersélectivité.

Qui mange quoi? (2)

Après la bronchite, l’otite et la gastro j’ai enfin pu reprendre mon travail et je reviens vous voir après une semaine d’absence.

Pour m’aider à comprendre les associations entre les animaux et ce qu’ils mangent, Maman a aménagé le jeu de la fnac éveil et jeux ICI.

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Le jeu est bien fait car pour associer les animaux avec leurs aliments il faut reconstituer un puzzle ce qui me plaît assez. Cependant, je n’ai acquis que très peu de vocabulaire. Je comprends quelques verbes mais je ne comprends que peu de mots alors réaliser ce jeu reste difficile car je sais ce que veut dire « mange » mais je ne sais pas ce qu’est une vache.

Pour m’aider, Maman a adapté le jeu en mettant des gommettes de couleurs identiques sur les cartes qui s’assemblent. Comme je suis très doué en discrimination visuelle, j’arrive facilement à associer la vache avec l’herbe en m’aidant de la couleur de la gommette que Maman a collé dans le coin de chaque carte. Maman verbalise en désignant le mot pointé  » la vache mange de l’herbe »et en utilisant des figurines en plastique pour rendre plus concret l’exercice.

Pour voir si j’ai compris et acquise les associations, Maman enlèvera les gommettes dans quelques semaines et on verra si j’arrive à reconstituer les paires.

Programme de travail pour les mois de janvier, février et mars

Maman a préparé un nouveau programme pour le trimestre qui vient. Elle va cependant modifier notre façon de travailler. En effet, le travail sur fiche ne me plaît plus, je ne suis plus intéressé par le dessin ou le coloriage qui étaient ma passion auparavant. Comme Maman refuse de me forcer et veut suivre mes intérêts, elle a donc choisi de mettre de côté pour le moment le travail sur fiche pour privilégier le jeu à deux et m’apprendre à jouer de manière fonctionnelle.

Langage oral

Echanger, s’exprimer
- Entrer en relation avec autrui par la médiation des images, c’est-à-dire être capable d’apporter spontanément la photo de l’objet désiré (boire, dvd, pâte à modeler…)
- Acquérir du vocabulaire en situation en donnant l’objet désigné par l’interlocuteur (manteau, chaussures, quelques animaux,cuillère…)
- Écouter des chants et des comptines et essayer de les reconnaître
Comprendre
- Comprendre un message simple et agir ou répondre de façon pertinente (donne-moi la main, viens, tiens, manger, boire, sortir)
- Écouter en silence un petit conte ou une petite histoire lors de la lecture du soir avec mon grand frère
Progresser vers la maîtrise de la langue française

- Formuler, en se faisant comprendre, une demande
- Comprendre et acquérir quelques mots (manteau, chaussures, noms de quelques animaux)
- Produire des phrases correctes, même très courtes, avec la photo de l’objet désiré et le pictogramme « je veux »
- Généraliser la communication en se détachant de la photo pour aller vers l’image plus abstraite comme le dessin

Langage écrit

Se familiariser avec l’écrit
- Identifier quelques fonctions de l’écrit : observer et manipuler des livres dans la bibliothèque
- Écouter des histoires racontées par Maman lors de la lecture du soir
- Reconnaître son prénom avec sa photo
- Rapprocher des images identiques(PS)
- Trier des albums par héros (Trotro, Elmer, petit ours brun)
- Manipuler un livre correctement en respectant le sens des pages
- Repérer une comptine avec une image
Apprendre le principe alphabétique
- Mettre en relation des lettres pour former un mot
- Trier les lettres de l’alphabet en repérant leur forme
- Mémoriser la forme des lettres de l’alphabet en les plaçant dans un encastrement
Apprendre les gestes de l’écriture
Découverte de l’outil scripteur :
- Tenir de manière adaptée et efficace un outil scripteur (main, doigts, brosses, éponges, rouleaux, pinceaux, cotons-tiges, feutres, crayons de couleurs, craies grasses et sèches…)
- Manipuler des objets qui demandent une préhension variée et différente ( des pinces à linges, un économe, un moulin à légume ;..)
- Manipuler des outils scripteurs variés (pinceaux, crayons feutres, de couleurs, pastels, des formats variés (A3, A4, A5…), des supports variés (pâtes, papiers…)
- Apprendre à choisir l’outil adapté à la tâche d’écriture et au support
- Être capable d’utiliser l’espace de la feuille et couvrir cet espace, reconnaître le bas et le haut de la feuille, utiliser la feuille dans le sens demandé
- Travail sur les traces, les contours, les itinéraires, les trajectoires, les tracés continus et discontinus…
Le rond
- Peindre à l’intérieur de ronds
- Colorier à l’intérieur d’un rond délimité
- Faire des soleils avec de la pâte à sel, un feutre effaçable, avec et sans aide
- Tracer des cercles sur des pointillés
- Entourer des ronds
Prénom
- Faire son initiale avec de la pâte à modeler, de la pâte à sel

Progression découvrir le monde

Repérages dans l’espace
- Se situer dans l’espace (haut/bas) puis sur feuille
- Savoir se repérer pour se déplacer dans la maison et à l’extérieur sur indication d’une photo
- Réaliser des puzzles de 45 pièces
- Découvrir et se sensibiliser aux règles du jeu de mémory (avec des dessins collés à l’intérieur de bouchons puis des cartes)
Se repérer dans le temps

- Commencer à comprendre que les événements sont chronologiques avec des photos des activités à faire
- Suivre un emploi du temps avec de 2 à 4 photos et comprendre ca qui va suivre et ce qui a eu lieu
Découvrir les formes et les grandeurs
- Trier des objets en fonction de leur couleur
- Trier des objets par taille
- Trier des objets par leur forme
- Réaliser des algorithmes en variant les formes et les couleurs (sans puis avec modèle)
- Reconstituer un dessin en respectant les formes géométriques imposées
- Associer des formes identiques
- Utiliser des boîtes à formes
- Trier des formes
- Associer un objet à sa silhouette en respectant la forme
- Loto des formes
Approcher les quantités et les nombres

- Sensibilisation à la comptine numérique jusque 3
- Trier des cartes en raison du nombre d’éléments qu’elle contient (collection de 1 et 2 éléments)
- Distribuer des objets : un pour associer un
- Utiliser une boîte à compter et mettre autant d’objets qu’il y a de points eu égard aux constellations des dés
Activités logiques
- Établir une relation entre deux objets :animaux/nourriture; animaux/habitats; métier/objet
- Trier des objets selon un critère et les classer ( la couleur , la forme ou la taille )
- Réaliser une collection en fonction d’une propriété, trier et classer des objets selon un critère donné
- Former des couples d’objets selon une couleur ou une relation donnée
- Reproduire et poursuivre des suites ordonnées ( suites de couleurs et formes)
- Ranger les coins jouets correctement en les triant
- Pratiquer des jeux en règle simple
- Réaliser un collier de perles en respectant le modèle
- Associer un animal et son petit, T’choupi et l’objet dont il a besoin
Découvrir les objets
- Découverte des jeux de constructions : cubes, duplos, légos : aligner, empiler
- Reproduire un modèle simple avec des duplos, des cubes
- Utiliser des outils scripteurs : pinceaux à colle, feutre (mettre le capuchon)
- Le lavabo, les robinets : tourner , fermer sans éclabousser
- Les ciseaux : commencer à les utiliser
- Découverte du petit matériel de motricité (balle, cerceaux, sacs de sable, tunnel…
- Découverte des objets techniques : le couteau et le moulin à légume pour faire de la compote de pommes, de la soupe
- Découverte des formes de fermetures des vêtements : boutons, fermeture éclair, pression, lacets : repérer les fermetures , observer leur fonctionnement apprendre à les maîtriser
Découvrir la matière
- L’eau : se laver les mains, faire couler
- Manipuler différentes textures : semoule, sable, lentilles, de l’eau, de la farine pour y chercher des éléments cachés, faire des transvasement, faire du tri
- Avec de la pâte à modeler couper des morceaux de serpent, faire une galette, faire des boules
- Jouer au loto sensoriel
- Jouer au mémory des sons et des sacs tactiles
- Travailler le souffle en utilisant divers sifflets, bulles
Découvrir le vivant

- Connaître les différentes parties du corps humain avec un jeu de carte, désigner son nez, ses yeux, sa bouche puis reconstituer un visage
- Connaître quelques règles d’hygiène du corps et des locaux : apprendre à se laver les mains, utiliser les toilettes, se frotter les pieds…
- Le schéma corporel : jeux de doigts et prise de conscience de la main, des doigts et des bras
- Le corps en mouvement : prise de conscience des grands moyens de locomotion : marcher, sauter et courir
- Hygiène : Prendre l’habitude de se laver les mains et les dents
- L’ouïe : écouter les bruits de la vie quotidienne et les identifier

Programmation Socialisation
- Accepter de quitter le milieu familial
- Communiquer avec l’adulte en utilisant des photos
- Entrer en relation avec les autres enfants de la garderie ou de ma famille
- Respecter les règles de vie commune et les autres
- Jouer à un jeu de société avec mon frère

Programmation imitation
L’imitation est la base de nombreux apprentissages notamment l’autonomie, la verbalisation ou la socialisation. Les enfants neurotypiques imitent l’adulte ou les autres enfants de manière inné. ce n’est pas le cas pour les enfants autistes chez qui les capacités d’imitation font défauts. Cela explique le retard de développement de nombreux autistes. je n’imite pas du tout et c’est un domaine que Maman estime nécessaire de travailler.
Imitation non verbale
- Faire rouler une voiture, un train
- Coiffer une poupée, lui donner à manger, le biberon
- Enlever un vêtement par imitation ( une chaussette, un gilet…)
- Faire une tour avec des cubes, un mur par imitation
- Faire sonner une cloche, taper sur un tambour, jouer au xylophone
- Mettre un chapeau, un bonnet
- Répondre au téléphone
- Lancer une balle, la faire rouler, la lancer dans un seau
- Faire tomber des quilles
- Souffler dans un sifflet
- Faire tourner une toupie
- Pincer des pinces à linge
- Remplir un seau avec du sable et une pelle
- Faire une boule en pâte à sel, une galette, découper un serpent…
Imitation verbale
- Faire vrrrrrrr pour imiter la voiture
- Faire tchou tchou pour imiter le train
- Faire Sssssssss pour imiter le serpent
- Faire boum quand quelque chose tombe
- Faire ho hisssss quand on tire sur quelque chose
- Imiter certains cris d’animaux meuh, bê

Programmation attention conjointe

Comme mes copains autistes, je suis dans mon monde et je n’ai pas conscience des personnes qui m’entourent. Maman veut essayer, par ces activités, de m’apprendre à obtenir l’attention de l’autre pour augmenter mon désir d’interaction sociale.
- Montrer du doigt
- Jouer au ballon avec une autre personne
- Lancer une voiture à deux
- Faire un puzzle à deux
- Réaliser un abaque à deux
- Comprendre la notion de « à toi »  » à moi »
- Jouer à un jeu de société

Mon Noël

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Les festivités de Noël ont commencé le 24 au soir avec la visite du père-noël. Quand il est entré dans la maison, je l’ai regardé et je me demandais bien qui c’était. J’ai souris et après je courrais partout tellement j’étais excité. Il m’a donné un piano puis est reparti.

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Ensuite, j’ai mangé à table avec mon papa, ma maman et mon frère ce qui est rare car les moments de repas sont souvent très agité pour moi.
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Le 25 au matin fut plus compliqué. La magie de Noël avait déjà opéré la veille et il semblait que j’avais épuisé mon « quota »… alors devant les cadeaux je suis resté égal à moi-même : indifférent. Je n’ai d’ailleurs pas supporté l’effervescence qui régnait dans le salon au milieu de mon frère et de ma sœur qui riaient de plaisir. Je suis rapidement allé me réfugier seul dans ma chambre. Comme d’habitude, je suis monté sur ma table pour battre des ailes devant la fenêtre en observant le paysage enneigé. Cette fois, je suis tombé de la table sur une caisse en plastique qui a cassé sous mon poids. Je me suis entaillé le lobe de l’oreille et Papa a dû m’emmener aux urgences. L’ambiance n’était donc pas joviale en ce matin de Noël. Maman culpabilisait car elle ne m’avait pas offert tout de suite la boîte de pâte à modeler (ma passion du moment) car elle voulait que je m’intéresse à autre chose. Du coup j’ai simplement cherché à échapper à la joie ambiante que je ne comprenais pas.

Bref, me voilà aux urgences à 9h le 25 décembre, pour une fois il n’y avait pas la queue et ils m’ont pris tout de suite : bonne nouvelle. Des médecins m’ont examiné avant de dire à Papa qu’il fallait me recoudre. Mais comme j’étais trop agité et je montrais d’emblée que je ne supporterais rien « d’étranger » sur mon oreille, ils ne le feraient pas. Certes je hurlais et me débattais, non pas parce que j’avais mal mais parce que je ne comprenais pas où j’étais et pourquoi j’y étais. Les médecins ont dit que s’ils me recousaient, j’arracherais les fils. Encore une fois ils ont regardé Papa en lui disant « mon pauvre monsieur, on vous plaint », mais ils ne m’ont pas soigné. C’est sûr, avec moi, tout est compliqué, mais avec un peu de patience on arrive à beaucoup. Maman dit que les médecins sont peu psychologues, peu patients et surtout ne savent pas ce qu’est l’autisme. On dirait qu’ils ont peur de moi, peur que ma maladie soit contagieuse.

Quand on est rentré Maman était furieuse car mon oreille gardera une belle cicatrice. La blessure est assez profonde et j’arrache les croûtes dès qu’elles se forment. Elle dit que la prochaine fois, elle m’emmènera chez le vétérinaire, car eux sont patients et psychologues, car ils recousent les oreilles des chiens et des chats. C’est scandaleux que l’on ne me soigne pas parce que je suis autiste. La semaine dernière j’ai eu une bronchite et Maman a dû appeler le médecin. Il est venu mais ne m’a ni touché ni déshabillé, encore moins écouté les bronches (je hurle alors forcément ça prend du temps !) et alors que je toussais et que j’avais 40 de température il a dit à Maman « ça doit être une otite alors je donne ça et on a 80% de chance que ça passe ». Deux jours après, voyant mon état qui ne s’améliorait pas, Maman est retournée chez le médecin qui, toujours sans me déshabiller, dit que ça va passer. Bref, 4 jours après toujours 40 et la toux et comme Maman a appelé le médecin pour ma sœur qui avait une pneumonie, elle lui a demandé de me réexaminer. Verdict : bronchite et je n’avais pas le bon antibiotique. Cela fait peur car j’ai vu trois médecins avant d’en voir un qui prenne la peine de me soigner en me déshabillant et en prenant le temps de savoir ce que j’avais.

Tout cela pour dire que tout est compliqué avec moi et que même le jour de Noël, le handicap était là.

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En revenant de l’hôpital, Maman m’a donné mon cadeau « playdoh » et j’étais ravi : je réclame ma pâte à modeler toute la journée. J’ai eu deux voitures télécommandées qui font le bonheur de Louis, un grand nounours qui m’accompagne dans mon lit et un bateau de pirates. J’ai eu des puzzles, un dinosaure et des jeux. J’ai finalement commencé à regarder mes nouveaux jouets en fin d’après-midi. Maman était finalement contente que j’accepte de changer mes habitudes en faisant d’autres puzzles et en jouant avec des jouets nouveaux.

Lettre pour tous ceux qui rencontrent un autiste

Voici une lettre publiée par un site canadien. C’est un écrit destiné aux personnes qui vont recevoir un invité autiste pendant les fêtes, une manière simple et concrète d’expliquer les étranges comportements de nos enfants.

Chers parents et amis

Traduction de Marie Cousineau

Nous aurons le plaisir de nous voir pendant les Fêtes cette année! Comme ces visites peuvent être très difficiles pour moi, voici quelques renseignements qui pourraient éviter les accrocs.

Comme vous le savez sans doute, je suis atteint(e) d’un handicap caché, l’autisme, qu’on appelle parfois aussi un trouble envahissant du développement (TED). L’autisme/TED est un trouble neurologique du développement qui fait que j’ai du mal à comprendre ce qui se passe autour de moi. Mon cerveau comporte des obstacles qui, même si vous ne les voyez pas, me compliquent la tâche de m’adapter à mon environnement.

Je peux vous sembler brusque ou impoli(e), mais c’est seulement parce que je dois faire d’immenses efforts pour comprendre les gens et me faire comprendre en même temps.

Les autistes ont des aptitudes différentes : certains ne parlent pas, d’autres écrivent de très beaux poèmes, d’autres encore sont des  » matheux  » (on pense qu’Albert Einstein était autiste) ou ont du mal à se faire des amis. Nous sommes tous différents, et nous avons besoin d’aide à différents degrés.

Parfois, quand on me touche sans prévenir, je ressens de la douleur et j’ai envie de fuir. Aussi, je me frustre facilement. Quand je me trouve dans un groupe nombreux, c’est comme si je m’apprêtais à monter dans un train en marche; je ne sais jamais quand et comment m’élancer. Je me sens souvent confus(e) et apeuré(e), comme vous le seriez vous aussi si vous aviez atterri sur une autre planète sans savoir comment font les habitants pour communiquer entre eux.

C’est pourquoi j’ai besoin que les choses changent le moins possible. Une fois que j’ai appris comment ça se passe, je me débrouille, mais si une seule chose change, je dois réapprendre la situation à partir du début! C’est très difficile.

Quand vous essayez de me parler, souvent les bruits de fond et l’agitation m’empêchent de comprendre ce que vous dites. Je dois faire un gros effort de concentration pour vous entendre, et je ne comprends qu’une chose à la fois. Vous pourriez penser que je fais semblant de ne pas vous voir – je vous assure que non. J’essaie plutôt de tout entendre, sans savoir à quoi je devrais réagir en premier.

Les fêtes sont particulièrement difficiles pour moi, parce qu’il y a une foule de gens à rencontrer, d’endroits à visiter et de choses à faire qui dépassent mon monde ordinaire. C’est peut-être excitant et amusant pour la plupart des gens, mais pour moi, c’est énormément de travail, et ça me stresse parfois beaucoup. J’ai souvent besoin de me retrouver seul(e) pour me calmer. Ce serait formidable si vous aviez une pièce à l’écart où je pourrais me retirer. Si je ne reste pas assis(e) à table pendant les repas, ne croyez pas que c’est parce que je ne suis pas sage ou que mes parents m’élèvent mal. Il est souvent impossible pour moi de rester assis(e) tranquille, même cinq minutes. Avec les odeurs, les bruits et les gens alentour, je me sens agité(e) et submergé(e), et bientôt je n’en peux plus : il faut que je me lève et que je bouge un peu. Surtout, n’attendez pas que j’aie fini! Continuez sans moi, et mes parents feront de leur mieux pour remédier à la situation.

Les repas en général sont difficiles pour moi. Comme l’autisme atteint le traitement sensoriel, vous comprendrez que la nourriture me pose un problème particulier! Pensez à tous les sens qui sont mis à contribution quand on mange : la vue, l’odorat, le goût, le toucher… sans compter les mécanismes complexes de la mastication et de la déglutition, que bien des autistes ont du mal à maîtriser. Ce ne sont pas des caprices! Je ne peux tout simplement pas manger certains aliments, parce que mon système sensoriel et (ou) ma coordination oro-motrice sont affectés.

Ne soyez pas déçus si ma maman ne m’a pas endimanché(e). Elle sait combien les froufrous et les vêtements rigides peuvent me rendre dingue! Il faut absolument que je porte des vêtements confortables, sinon je ne serai pas du monde! Temple Grandin, une autiste adulte reconnue pour sa grande intelligence, enseigne que quand elle était petite et qu’on lui faisait porter des jupons amidonnés, c’était comme si on lui frottait la peau au papier sablé. C’est souvent comme ça que je me sens dans les vêtements habillés.

Quand je suis chez les autres, je peux sembler autoritaire, tyrannique. En un sens, c’est vrai, parce que c’est ma façon de m’adapter au monde qui m’entoure (ce monde si difficile à comprendre!) Les choses doivent se dérouler de façon prévisible, sinon je deviens confus(e) et frustré(e).

Ça ne veut pas dire que vous devez changer vos habitudes… Soyez simplement patients avec moi et essayez de comprendre ce que je vis. Papa et maman n’ont aucun contrôle sur les sentiments que l’autisme fait naître en moi.

Les autistes développent souvent des petits trucs pour se sentir plus à l’aise. Les grandes personnes appellent ça de l’  » autorégulation  » ou de l’  » autostimulation « . Je me berce, je chantonne, j’agite mes doigts devant ma figure, je bats des bras… quel que soit mon comportement, je n’essaie pas de déranger ou d’être bizarre. Je fais ce que je dois faire pour que mon cerveau s’adapte à votre monde. Parfois, je ne peux pas m’empêcher de parler, de chanter ou de faire une activité. C’est ce que les grandes personnes appellent la  » persévération « . Ça ressemble un peu à l’autorégulation ou à l’autostimulation. En fait, c’est que j’ai trouvé une occupation qui me met à l’aise et que je ne veux pas en sortir pour me joindre à votre monde trop compliqué. Ces comportements répétitifs sont une bonne chose, dans la mesure où ils m’aident à me calmer. S’il vous plaît, respectez la volonté de maman ou papa s’ils me laissent faire un certain temps; ce sont eux qui savent le mieux ce qui me calme.

N’oubliez pas que papa et maman doivent me surveiller beaucoup plus étroitement qu’un enfant moyen. Ils savent ce qu’il faut faire pour assurer ma protection (et celle de votre mobilier) et pour faciliter mon intégration dans le monde des personnes  » neurotypiques « . Ça attriste mes parents quand on les accuse de trop me materner ou de ne pas me surveiller d’assez près. Ils sont humains, après tout, mais on leur a confié un mandat qui exige plutôt qu’ils soient des saints. Mes parents sont de bonnes personnes et ont besoin de votre appui.

Pendant la période des fêtes, la vie regorge de sons, d’odeurs et d’images. La maison moyenne se transforme en une ruche bourdonnante d’activité. N’oubliez pas que ce sera amusant pour vous, qui avez un système neurologique typique, mais que moi, je devrai travailler très fort pour me conformer. Si je perds les pédales ou que je me comporte d’une façon que vous jugez socialement incorrecte, je vous en prie, souvenez-vous que je n’ai pas un système neurologique adapté à vos règles.

Je suis une personne unique, une personne intéressante. Je trouverai une façon de me comporter qui nous mettra tous et toutes à l’aise pendant cette fête, si de votre côté vous essayez de voir le monde de mon point de vue!

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