Visite de l’hôpital de jour

Aujourd’hui, j’ai été visiter le fameux hôpital de jour que l’on m’a proposé la semaine dernière. Eu égard aux différents commentaires et mails que j’avais reçus à ce sujet, j’avais préparé une liste de questions que j’ai posées à la pédopsychiatre qui m’a reçue. Voici un petit topo :

- Ils n’utilisent pas la méthode du packing

- Ils acceptent de prendre le cahier de communication de Xavier dans la structure pour utiliser le PECS avec lui

- Il y a un à deux ateliers de prévus par demi-journée

- Il y a un orthophoniste à mi-temps et une psychomotricienne à mi-temps sur la structure

- Il y a un bilan une fois par semaine avec les parents et le personnel qui encadre, et un bilan par mois avec la pédopsychiatre et l’institutrice spécialisée

- L’enseignante spécialisé se charge de l’intégration à l’école et du suivi à l’école (une fois par trimestre, elle se déplace observer l’enfant à l’école)

- La pédopsychiatre m’a demandé quelles méthodes j’utilisais avec Xavier et savait de quoi elle parlait. Je précise, car une pédopsychiatre m’a déjà demandé les différences entre ABA, TEACCH et PECS !

- Les locaux sont très accueillants et colorés.

- Sur les placard, j’ai remarqué les photos des objets qui y sont rangés. Il y a donc une structuration visuelle mise en place.

- Il y a 3 salles (travaux manuels, jeux et exploration sensorielle ) et un grand jardin avec terrasse et jeux d’enfants.

Je reste sur la réserve car je ne veux pas m’emballer trop vite car s’il était sensationnel, il n’y aurait pas de place, mais ma première impression a été positive. Le personnel a accepté de m’écouter et semble ne pas être opposé à travailler avec moi pour le bien-être de Xavier.

Je pense aussi que Xavier se sentira bien dans la structure car les locaux sont colorés et le jardin aménagé. L’effectif est réduit (maximum 8 enfants environ en même temps) ce qui lui permettra d’apprendre progressivement la socialisation.

L’autre point positif concerne le relais avec l’école. J’ai insisté sur le fait que je voulais qu’il soit scolarisé, mais que je voulais que la scolarisation soit encadrée pour ne pas être un échec et on a paru bien me comprendre. Les parents ne sont pas exclus de la structure bien au contraire.

Voilà, je pense donner suite pour 2, 3 demi-journées par semaine et je verrai si cela peut correspondre aux besoins de Xavier.

Formation TEACCH

La semaine dernière, Maman a fait une formation à la méthode TEACCH avec l’association Pro Aid Autisme.
Je vais lui laisser la parole pour qu’elle vous explique ce qu’elle y a appris.

La méthode TEACCH est un programme dont le berceau se trouve en Caroline du Nord. Elle a été créée dans les années 70 par Eric Shoepler. Cette méthode repose sur le principe selon lequel il ne faut pas se battre contre l’autisme mais travailler avec lui. L’objectif de cette méthode consiste à rendre l’individu autonome et apte à vivre en société.

A long terme, le but poursuivi par l’approche TEACCH réside « à la fois dans le développement des compétences et dans l’épanouissement des besoins humains fondamentaux que sont la dignité, le fait de s’adonner à des activités utiles et personnellement significatives, le sentiment de sécurité, la perception d’efficacité personnelle et la confiance en soi ».

Afin de pouvoir travailler avec l’autisme, le programme a développé un concept appelé « la culture de l’autisme ». Il s’agit d’observer la personne autiste afin de voir ses difficultés pour mieux adapter les apprentissages.

Parmi les caractéristiques de la personne autiste, il y a :

- puissance du canal visuel
- attention focalisée sur les détails au détriment de l’ensemble
- problème dans les associations d’idées
- problème de communication
- problème lié au repérage dans le temps
- attachement à certaines activités qu’elle répète sans se lasser
- attachement aux routines
- rigidité
- préférences sensorielles

Une longue observation de chacune des personnes autistes permet de personnaliser cette liste non exhaustive.

A partir de ces observations, le programme TEACCH propose un « enseignement structuré » qui est la base l’approche de Schoepler.

Le premier principe de TEACCH, une fois les observations effectuées, est de construire un emploi du temps afin que la personne autiste ait des repères dans le temps et dans l’espace. Chaque activité est prévue et planifiée rigoureusement par différents moyens (l’écrit, le picto, le dessin, la photo ou l’objet).

Le second principe est de proposer des activités structurées de sorte que la personne autiste sache ce qu’on lui demande, où elle doit se placer et quand l’activité est terminée, sans que l’adulte ne le lui dise. Le langage est un objectif, mais pas un outil. En effet, selon l’approche TEACCH, les repères visuels remplacent la parole souvent peu comprise par les autistes.

Voilà un exemple de présentation d’une activité structurée d’après le programme TEACCH. Très facilement, l’enfant comprend la consigne visuellement. Il s’agit d’une activité de tri par couleur. Les repères sont nets et le concept de fin marqué (quand il n’y a plus d’épingles dans le pot de gauche) :

Photo hérbergée par zimagez.com

En ce qui concerne le troisième principe, il vise le traitement des comportements des personnes autistes. Il ne s’agit pas d’éradiquer les comportements socialement dérangeants ou non fonctionnels, il faut les encadrer afin qu’ils disparaissent petit à petit. Par exemple, si votre enfant aime tirer la chasse d’eau et le fait toute la journée, il faut s’en servir comme d’un renforçateur en marquant le tirage de la chasse d’eau sur l’emploi du temps après une séance de travail. Ainsi, au lieu de le faire 100 fois dans la journée, il ne le fera que 20 et ce comportement disparaîtra petit à petit.

La dernière partie du stage concernait des questions pour savoir la différence avec la méthode ABA, voilà les réponses qui ont été faites :

- Comme la méthode ABA, la méthode TEACCH décompose les apprentissages (ex : le lavage des mains : on apprend successivement à la personne autiste à mouiller ses mains, puis prendre le savon…).
- Avec TEACCH, on travaille avec l’autisme et non contre, ce que fait la méthode ABA.
- Selon l’approche TEACCH, l’enseignant doit s’adapter à l’autiste alors que, d’après le programme d’analyse appliquée du comportement (ABA) il s’agit d’adapter l’autiste à son environnement.
- Le programme de Schoepler part des intérêts de l’enfant, alors que la méthode ABA utilise des renforçateurs une fois le but atteint.
- La gestion des stéréotypies est également différente puisque d’un côté on fait avec en les encadrant (TEACCH), alors que de l’autre on souhaite les éradiquer à tout prix (ABA).

Le programme TEACCH se base sur les forces et les compétences émergentes de la personne autiste pour agir de telle ou telle façon, alors que la méthode ABA pousse l’enfant à acquérir de nouvelles compétences.

Pour conclure, je tiens à dire que cette formation a été très enrichissante et qu’elle m’a permis de mieux comprendre le mystère de l’autisme. Elle m’a également donné de nombreuses pistes de travail que je vous ferai partager lors de mes prochains billets. Je tiens à préciser que la différence entre la méthode ABA et le programme TEACCH, que j’ai présentée, est informative et concerne l’avis des formateurs à la méthode TEACCH (qui ne sont donc pas des pro-ABA). Je ne suis pas pour l’une ou l’autre, je prends ce que je pense être le meilleur dans chacune des méthodes pour aider Xavier.

Voici un lien vers d’autres activités structurées d’après les concepts développés par la méthode TEACCH.

Introduction

Maman vous donne quelques explications concernant les différentes méthodes de communication et stratégies éducatives pour lesquelles elle a lu de nombreuses choses. Elle propose, avec ses mots, de vous exposer les grands principes de celles utilisées chez les enfants autistes. Elle ne prétend pas dire la vérité mais elle vous propose son interprétation des méthodes et ses avis sur celles-ci. Vous pouvez faire des commentaires, proposer des modifications et exposer votre point de vue.

Stratégies éducatives et méthode de communication : des confusions à éviter

Il ne faut pas confondre les stratégies éducatives et les méthodes de communication. En effet, les premières sont des méthodes pédagogiques permettant de combler, enrayer les problèmes de comportements de l’enfant autiste alors que les secondes ont pour vocation à mettre en place un système de communication verbale ou non.

1/ En ce qui concerne les stratégies éducatives concernant l’autisme, les plus connues sont : la méthode ABA, la méthode TEACCH.

Le principe de la méthode ABA est d’encourager les comportements positifs et d’ignorer les autres, par exemple l’automutilation ou l’écholalie.

Le principe de la méthode TEACCH est d’aider l’enfant autiste à mieux se repérer dans le temps et dans l’espace, au moyen de photos, de gestes ou de consignes écrites.

2/ En ce qui concerne les méthodes de communication concernant l’autisme, les plus connues sont : la méthode PECS, la méthode MAKATON.

Le principe de la méthode PECS est de mettre en place une communication non verbale à partir d’échange d’images.

Le MAKATON utilise la parole avec un signe (geste) et/ou symbole (image).

La méthode des 3i

La méthode des 3i est une méthode éducative récente basée sur les principes de plusieurs méthodes américaines qui ont le jeu pour pilier principal.

Il s’agit d’une méthode de stimulation individuelle : l’enfant est seul face à l’adulte dans une pièce aménagée de sorte que l’enfant ne soit ni distrait par les bruits extérieurs, ni par la lumière extérieure. La prise en charge est intensive : 40h par semaine.

L’objectif des différentes activités proposées à l’enfant est unique : c’est la communication. Aucun autre but pédagogique, cognitif ou social n’est recherché. Le jeu est néanmoins un support essentiel puisqu’il permet à l’enfant de se détendre. Cette détente est considérée indispensable pour rétablir l’attention conjointe d’avec l’enfant autiste. Il faut tout transformer en jeu sans aucune attente, comme avec un tout petit, afin que la détente soit optimum. Ainsi, sera engendré l’éveil progressif nécessaire pour passer tous les stades occultés : regard, pointage du doigt, marionnettes, quatre pattes…

Les parents ont un rôle de coordination des différents intervenants. Il doivent réunir une équipe qui applique tous ces principes dans leur intégralité.

Il s’agit de rentrer dans le monde de l’enfant autiste pour, tout doucement, par le jeu, avec beaucoup d’affection, de tendresse et de respect, le ramener vers le nôtre. Il faut retirer l’enfant de l’école pour le sortir de sa bulle et mieux l’y remettre plus tard.

Maman ne s’est pas beaucoup renseignée sur cette méthode, et les différents thérapeutes qui travaillent avec moi ne semble pas l’utiliser. C’est donc plus par ignorance que par refus de la méthode que Maman ne travaille pas comme cela. Cependant, c’est une stratégie éducative nouvelle qui a fait ses preuves.

Olivier Ange |
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