Formation TEACCH

La semaine dernière, Maman a fait une formation à la méthode TEACCH avec l’association Pro Aid Autisme.
Je vais lui laisser la parole pour qu’elle vous explique ce qu’elle y a appris.

La méthode TEACCH est un programme dont le berceau se trouve en Caroline du Nord. Elle a été créée dans les années 70 par Eric Shoepler. Cette méthode repose sur le principe selon lequel il ne faut pas se battre contre l’autisme mais travailler avec lui. L’objectif de cette méthode consiste à rendre l’individu autonome et apte à vivre en société.

A long terme, le but poursuivi par l’approche TEACCH réside « à la fois dans le développement des compétences et dans l’épanouissement des besoins humains fondamentaux que sont la dignité, le fait de s’adonner à des activités utiles et personnellement significatives, le sentiment de sécurité, la perception d’efficacité personnelle et la confiance en soi ».

Afin de pouvoir travailler avec l’autisme, le programme a développé un concept appelé « la culture de l’autisme ». Il s’agit d’observer la personne autiste afin de voir ses difficultés pour mieux adapter les apprentissages.

Parmi les caractéristiques de la personne autiste, il y a :

- puissance du canal visuel
- attention focalisée sur les détails au détriment de l’ensemble
- problème dans les associations d’idées
- problème de communication
- problème lié au repérage dans le temps
- attachement à certaines activités qu’elle répète sans se lasser
- attachement aux routines
- rigidité
- préférences sensorielles

Une longue observation de chacune des personnes autistes permet de personnaliser cette liste non exhaustive.

A partir de ces observations, le programme TEACCH propose un « enseignement structuré » qui est la base l’approche de Schoepler.

Le premier principe de TEACCH, une fois les observations effectuées, est de construire un emploi du temps afin que la personne autiste ait des repères dans le temps et dans l’espace. Chaque activité est prévue et planifiée rigoureusement par différents moyens (l’écrit, le picto, le dessin, la photo ou l’objet).

Le second principe est de proposer des activités structurées de sorte que la personne autiste sache ce qu’on lui demande, où elle doit se placer et quand l’activité est terminée, sans que l’adulte ne le lui dise. Le langage est un objectif, mais pas un outil. En effet, selon l’approche TEACCH, les repères visuels remplacent la parole souvent peu comprise par les autistes.

Voilà un exemple de présentation d’une activité structurée d’après le programme TEACCH. Très facilement, l’enfant comprend la consigne visuellement. Il s’agit d’une activité de tri par couleur. Les repères sont nets et le concept de fin marqué (quand il n’y a plus d’épingles dans le pot de gauche) :

Photo hérbergée par zimagez.com

En ce qui concerne le troisième principe, il vise le traitement des comportements des personnes autistes. Il ne s’agit pas d’éradiquer les comportements socialement dérangeants ou non fonctionnels, il faut les encadrer afin qu’ils disparaissent petit à petit. Par exemple, si votre enfant aime tirer la chasse d’eau et le fait toute la journée, il faut s’en servir comme d’un renforçateur en marquant le tirage de la chasse d’eau sur l’emploi du temps après une séance de travail. Ainsi, au lieu de le faire 100 fois dans la journée, il ne le fera que 20 et ce comportement disparaîtra petit à petit.

La dernière partie du stage concernait des questions pour savoir la différence avec la méthode ABA, voilà les réponses qui ont été faites :

- Comme la méthode ABA, la méthode TEACCH décompose les apprentissages (ex : le lavage des mains : on apprend successivement à la personne autiste à mouiller ses mains, puis prendre le savon…).
- Avec TEACCH, on travaille avec l’autisme et non contre, ce que fait la méthode ABA.
- Selon l’approche TEACCH, l’enseignant doit s’adapter à l’autiste alors que, d’après le programme d’analyse appliquée du comportement (ABA) il s’agit d’adapter l’autiste à son environnement.
- Le programme de Schoepler part des intérêts de l’enfant, alors que la méthode ABA utilise des renforçateurs une fois le but atteint.
- La gestion des stéréotypies est également différente puisque d’un côté on fait avec en les encadrant (TEACCH), alors que de l’autre on souhaite les éradiquer à tout prix (ABA).

Le programme TEACCH se base sur les forces et les compétences émergentes de la personne autiste pour agir de telle ou telle façon, alors que la méthode ABA pousse l’enfant à acquérir de nouvelles compétences.

Pour conclure, je tiens à dire que cette formation a été très enrichissante et qu’elle m’a permis de mieux comprendre le mystère de l’autisme. Elle m’a également donné de nombreuses pistes de travail que je vous ferai partager lors de mes prochains billets. Je tiens à préciser que la différence entre la méthode ABA et le programme TEACCH, que j’ai présentée, est informative et concerne l’avis des formateurs à la méthode TEACCH (qui ne sont donc pas des pro-ABA). Je ne suis pas pour l’une ou l’autre, je prends ce que je pense être le meilleur dans chacune des méthodes pour aider Xavier.

Voici un lien vers d’autres activités structurées d’après les concepts développés par la méthode TEACCH.

Méthode des 3i : quelques précisions

Suite à des commentaires d’autres Maman , Maman voulait apporter quelques précisions à son billet. Tout d’abord, il faut préciser que les 3 i correspondent à trois notions qui constituent les trois piliers de la méthode, il s’agit d’une méthode qui prévoit:
-une stimulation intensive
-une stimulation individuelle
-une stimulation interactive

C’est une méthode de stimulation intensive qui nécessite l’intervention de nombreux bénévoles qui se succèdent 40heures par semaine auprès de l’enfant. L’objectif est de stimuler l’enfant c’est-à-dire interagir avec lui grâce au jeu.

Ce ne sont pas les apprentissages qui sont travaillés mais l’interaction avec l’enfant. Maman est entré en contact avec d’autres Mamans qui soulignent les bienfaits de cette méthode. Cette dernière est suggérée et organisée par l’association Autisme Espoir vers l’Ecole.

Maman se dit que finalement elle applique cette méthode avec moi sans le savoir car à la maison la stimulation est intensive, individuelle et interactive.


La stimulation est individuelle

Maman passe ses journées à jouer avec moi, à me demander des images et à ma raconter des histoires.


La stimulation est intensive

Selon la méthode, il s’agit de travailler 6h par jour. Maman me fait travailler 2 fois 1h, je vais 1h30 à la crèche et j’ai orthophoniste ou psychomotricité pendant 1h30 tous les jours. Si on fait les comptes j’en suis à 5h.

La stimulation est interactive
Toute la journée, on me dit « Xavier regarde-moi ». Lors de toutes les activités, Maman essaye d’accrocher mon regard afin de rentrer en communication avec moi.

Voilà, Maman vous tiendra au courant de ses recherches quant à cette méthode.

Stratégies éducatives et méthode de communication : des confusions à éviter

Il ne faut pas confondre les stratégies éducatives et les méthodes de communication. En effet, les premières sont des méthodes pédagogiques permettant de combler, enrayer les problèmes de comportements de l’enfant autiste alors que les secondes ont pour vocation à mettre en place un système de communication verbale ou non.

1/ En ce qui concerne les stratégies éducatives concernant l’autisme, les plus connues sont : la méthode ABA, la méthode TEACCH.

Le principe de la méthode ABA est d’encourager les comportements positifs et d’ignorer les autres, par exemple l’automutilation ou l’écholalie.

Le principe de la méthode TEACCH est d’aider l’enfant autiste à mieux se repérer dans le temps et dans l’espace, au moyen de photos, de gestes ou de consignes écrites.

2/ En ce qui concerne les méthodes de communication concernant l’autisme, les plus connues sont : la méthode PECS, la méthode MAKATON.

Le principe de la méthode PECS est de mettre en place une communication non verbale à partir d’échange d’images.

Le MAKATON utilise la parole avec un signe (geste) et/ou symbole (image).

L’orthophoniste

Tout le monde a déjà entendu parler que tel ou tel enfant allait chez l’orthophoniste car il béguaie, zozote ou qu’il a du mal à apprendre à lire.

Il est difficile de comprendre que je vais voir un orthophoniste, sensé rééduquer le langage alors que moi-même je n’oralise pas ou si peu. En fait, il existe des orthophonistes qui s’occupent d’enfants comme moi qui ne parlent pas et qui ont de graves troubles de la communication. Son rôle, dans mon cas, est de m’apprendre un nouveau mode de communication autre que le langage. En effet, on peut communiquer par le geste, le regard ou les images.

Avec moi, pour l’instant, elle utilise les images en référence à la méthode PECS. Ses séances sont beaucoup moins éprouvantes pour moi que celles du psychomotricien, car il y a toujours un objet entre elle et moi. Son but est de me mettre dans des situations dans lesquelles il sera nécessaire pour moi de communiquer. A partir d’activité pédagogiques et éducatives, elle va me pousser à demander de l’aide ou un outil. Mais elle va me donner les moyens de formuler cette aide ou cette demande. Elle laissera par exemple à ma portée une image.

Par exemple, pour l’artiste invétéré que je suis, il est très frustrant d’avoir une feuille sans crayon alors je suis obligé de m’arranger pour les demander. Pour l’instant, la communication est forcée et rendue volontairement nécessaire mais l’objectif est qu’elle vienne spontanément. Les supports des séances me plaisent beaucoup et me réconfortent et m’apaisent. Il s’agit de pâte à modeler, de gommettes, de puzzles, de lotos,de bulles…

Je me fâche souvent quand je vois le piège que l’on m’a préparé mais les crises s’estompent assez rapidement quand je comprends qu’il n’est pas si difficile que cela d’obtenir ce dont j’ai besoin. Petit à petit, l’orthophoniste m’apprend à comprendre pourquoi il est nécessaire de communiquer et m’aide à établir une communication non verbale d’abord afin que je puisse exprimer mes demandes, mes choix, mes envies… Je ne pourrai pas grandir si je me contente de ce que je vois sans imaginer et exprimer ce que je voudrais.

Comme le psychomotricien, l’orthophoniste ne me guérira pas (encore faudrait-il pouvoir guérir de l’autisme!) mais elle m’aide à grandir en me donnant des outils pour aller vers l’autre. Elle m’apprend à communiquer socialement, à remplacer mes angoisses par des mots, des gestes, des images. L’objectif bien-sûr est de m’amener vers l’oralisation mais aujourd’hui, si quelques mots commencent à sortir, il ne semble pas que je choisirai la parole pour communiquer. En effet, j’ai du mal à utiliser les mots pour parler, j’ai tendance à répéter les mots en écholalie ou à ne pas leur attribuer de sens. Je n’associe aucun signifiant spécifique aux différents sons que j’émets. je n’arrive pas à structurer mon langage. Les images m’aideront à le faire, puisqu’à chaque image correspond un mot et donc un sens.

La méthode PECS

Pour m’aider à communiquer avec les autres, Maman utilise une méthode de communication alternative appelée la méthode PECS. Il s’agit d’une méthode de communication par échange d’images. Par exemple, je dois lui donner l’image de mon gâteau préféré (image découpée sur le carton de la boîte) pour avoir le droit à ce gâteau. Pour l’instant, j’observe et j’utilise beaucoup de photos ou d’images très représentatives et très grandes, mais Maman espère que je pourrai bientôt utiliser des pictogrammes. Maman pourra vous parler plus longuement de cette méthode après son stage de formation qui a lieu à la fin du mois.

Mes parents ont décidé d’utiliser la méthode PECS avec moi pour améliorer mes possibilités de communiquer. Je ne sais rien demander. Il est très difficile pour moi de demander à boire, à manger, un bisou, un câlin. C’est plus facile de donner à maman ou papa l’image correspondant à ma demande. Cette méthode permet de communiquer autrement que par la parole. Je suis un petit garçon qui oralise peu, je babille comme ma petite sœur de 6 mois mais je n’arrive pas à dire des mots simples comme pain, pomme, papa…et quand j’y arrive ce n’est pas toujours à propos. C’est à partir de situation motivante comme l’image de ma tétine ou de mon doudou que mes parents m’ont initié à cette méthode. Pour obtenir mon doudou, je dois tendre la photo de celui-ci. L’objectif est de mettre des photos ou des images dans tous les lieux clés de la maison afin que je puisse formuler des demandes, exprimer mes choix. Par la suite, je pourrai apprendre à construire des phrases simples grâce à la combinaison de plusieurs images.

Enfin, cette méthode me permet d’approcher les personnes qui m’entourent et à les solliciter. Pour les enfants comme moi qui ont du mal à donner du sens aux mots et au langage en général, le PECS aide à structurer le langage et à donner du sens aux mots.

A l’heure actuelle, Papa et Maman utilisent beaucoup de photos pour signifier les mots. Maman utilise aussi des dessins qu’elle colorie pour représenter les animaux ou le matériel que je peux réclamer comme les crayons, la pâte à modeler. Elle prend les modèles sur le site de modèles pour window color ou sur le site de la maternelle de moustache.

Qu’est-ce que la méthode PECS :
- Site PECS France
- Sur Wikipedia

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