Retour du PECS

Il y a un an Maman avait fait un stage de formation à la méthode PECS et avait donc mis en place avec moi cette méthode de communication. J’ai très vite compris le principe de l’échange : si je donne une carte, j’obtiens quelque chose. Par contre, je suis très passif et je ne vais pas spontanément chercher ma carte pour anticiper ma demande. Par exemple, quand je veux boire, je vais au robinet, enfin… je vais tirer Maman par le bras et je vais l’amener devant l’évier pour lui signifier mon envie. Maman me demande alors « d’aller chercher la carte » et j’y vais. Elle me donne alors à boire. Le principe du Pecs et de la communication en général repose sur la spontanéité de la demande. Je devrais aller chercher la carte et la donner à Maman à l’endroit où elle se trouve.

Maman a vite été découragée par mon attitude très passive et elle a petit à petit abandonné la méthode, car même pour cela je ne suis pas autonome, et attendre que j’amène la carte avant de me donner à boire dans ces conditions lui a paru inutile.

Cependant, au vu de mes progrès dans bien des domaines depuis un an, Maman a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’essayer de me rendre plus autonome dans la pratique du Pecs. Il s’agit aussi de la rendre plus motivante pour mon entourage.

Dans la vie quotidienne je prends peu d’initiatives et j’ai peu d’idées. je suis capable de ne rien faire pendant des heures. Il faut sans cesse me proposer des jeux car sinon je ne réclame rien. Je ne demande qu’un objet que je vois sur une étagère et toujours de la même façon en tirant le bras de Maman. Ainsi, Maman a décidé de me permettre de faire des choix.

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Que veux-tu faire ?

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Maman me propose un choix entre deux activités qui sont en photos et je dois lui répondre en prenant la carte qui me convient et en la scratchant sur le support prévu pour cela et je donne ensuite ma bande phrase.
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Au début, j’ai besoin d’une guidance physique et Maman me facilite la tâche en mettant deux cartes dont une vierge en étant sûre que l’activité proposée me plaise.

Quel Dvd veux-tu ?

Je regarde beaucoup les DVD, mais je ne m’intéresse pas à n’importe quel dessin animé, alors Maman me laisse faire un choix et ma bande phrase.

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Que veux-tu manger ?

Toujours pareil quand je me promène dans la cuisine, Maman me propose un choix et je fais une nouvelle bande phrase « Je veux… »

Maman utilise des photos des objets ou des aliments car je ne généralise pas et j’ai du mal à passer de l’objet à sa représentation. Question organisation matérielle, Maman a préparé 3 paniers dans lesquels elle a mis les cartes pour les Dvd (5 environ), les cartes qui concernent la nourriture et un autre avec les photos de mes jeux favoris (5 environ). En effet, mettre les images dans un classeur ne lui semblait pas pratique car je ne tourne pas les pages. Afficher les images est également compliqué car tous les thèmes sont mélangés. les paniers c’est assez pratique car je pioche les cartes, les aligne par terre et les regarde.

L’échange d’images

Maman a mis en place un système de communication par échange d’images via la méthode PECS. Le principe est simple : quand je veux quelque chose, je dois lui donner l’image correspondant à mon désir. Au début, Maman utilisait des pictogrammes et des images figuratives. J’ai vite compris l’échange : je savais que si je donnais une image j’obtenais quelque chose. Cependant, j’avais beaucoup de mal à discriminer les images si bien que souvent j’apportais toutes les images à ma disposition sans savoir laquelle donner. Je ne reconnaissais pas les pictogrammes : s’il y en avait un sur le présentoir, je l’amenais sans comprendre ce qu’il représentait. Il m’est déjà arrivé d’apporter un papier qui traînait par terre, preuve que je ne comprenais pas l’importance de donner une images précise conformément à ma demande.

Maman a donc décidé depuis quelques semaines de remédier à cette faille. Elle n’a pas voulu abandonner le système mis en place car je suis tout de suite rentré dans l’échange et la communication même si cette méthode est très critiquée car contraignante : il faut avoir les images à disposition et illusoire : on ne peut pas communiquer dans la vie avec des images et avoir un discours spontané. Bref, Maman se fiche des critiques ce qui compte c’est que je comprenne le système et que je commence à ébaucher un semblant de communication.

Le seul moyen pour m’aider à discriminer les images a été de revenir à la photo. Maman utilisait, au début, quelques photos mais n’avait pas insisté car cela rajoute une autre contrainte à savoir celle d’avoir la photo de l’objet désiré. De plus, il faudra travailler la généralisation pour que xavier n’associe pas le mot « voiture » à une voiture précise prise en photo.

Maman a donc organisé 4 classeurs ( petit format pour être plus facile à transporter partout)qui renferment chacun les photos classées par catégorie :

Les objets que j’affectionnent le plus:
-Maman a découpé les pochettes des dvd donc quand je veux mon dvd ou que je veux qu’elle le relance je donne la photo correspondante:
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- Maman a pris en photo le pot de bulles et celui de pâte à modeler
-Mes livres préférés:
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- Mes puzzles favoris ont également été pris en photo

Maman a pris en photo tous les jouets qui me plaisent ce qui me permet de faire des demandes et de m’exprimer.

-Les lieux que je fréquente :
-Maman ne s’est pas limitée aux objets, elle a aussi pris des photos des lieux où je suis susceptible d’aller pour m’expliquer où je dois me déplacer. Je ne comprends que très peu le langage verbal. Si Maman me dit : »on va au bain », je ne réagis pas toujours, par contre, avec la photo j’y vais tout de suite.
-Maman a également préparé les photos des cabinets des professionnels que je vois.
Les photos facilite les déplacements et permettront de créer, plus tard, un emploi du temps visuel qui sera important pour diminuer mon angoisse de l’imprévu et de l’inconnu.
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-Les activités que je fais
Les photos des différentes activités structurent les séances de travail. Maman me propose les photos des tâches que je vais effectuer.
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-Les objets que je vais être amené à utiliser:
Cette catégorie rejoint la première mais ces objets ne sont pas utilisés en jeux libres mais plutôt en séance pour travailler la correspondance objet réel/ photo et pour faire les activités comme le crayon.
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La nourriture:
J’ai de gros troubles alimentaires. Maman n’utilise donc pas les récompenses alimentaires. Elle a essayé de faire les photos des petites choses que je peux réclamer comme le pain et l’eau. Le tout est placé sur le frigo.
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Les images que j’utilise des objets que j’utilise dans ma chambre se trouve dans cette pièce. je dois donc me déplacer chercher la carte au bon endroit en fonction de ma demande. Voici le présentoir d’images qui se trouve dans ma chambre. Pour le détail, Maman accroche les photos avec du scratch adhésif car je mange la patafix :

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Bilan:

Après 5 semaines d’utilisation, le bilan est positif. Je regarde vraiment les photos et je réfléchis . Je n’apporte plus toutes les images ou n’importe laquelle. Je me pose devant le présentoir et je regarde celle désirée. Il m’arrive même de fouiller dans les classeurs à la recherche de la photo que je désire. De plus, quand je ne sais pas quelle photo prendre ( par exemple, la pomme prise en photo est rouge et celle que maman vient d’acheter sont jaunes alors je suis perdu: voici les limites de la photo!)Je n’apporte aucune photo et je reviens voir Maman , je ne les apporte pas toutes.

Maintenant il faut travailler la catégorisation et la généralisation car le risque de travailler avec la photo trop longtemps est de me sur-handicaper en m’empêchant de communiquer car on ne peut pas tout prendre en photo.

Quelques modifications dans l’utilisation de la méthode PECS

Cela fait six mois que Maman a mis en place la méthode PECS. Au début, cela a très bien marché mais je commence à stagner. Maman a donc décidé d’apporter quelques modifications dans notre organisation :

Suppression du classeur de communication

Je ne suis pas du tout autonome dans l’utilisation de mon classeur. Je ne vais pas spontanément y chercher mes images, c’est à Maman de s’arranger pour que l’image dont j’ai besoin soit accessible et elle me montre le classeur et me dit de lui donner la carte. C’est donc très compliqué pour maman quand elle est dans la cuisine, que je veux demander à boire et que le classeur est à l’étage dans ma chambre.

C’est donc pour cette raison que Maman a décidé de supprimer le classeur. A la place elle a installé des panneau de plexiglas sur lesquels elle a mis du scratch adhésif et des images. Elle a placé une plaque dans chaque pièce et n’y a disposé que les images dont je suis susceptible d’avoir besoin dans la pièce en question. En effet, mes demandes ne sont pas les mêmes dans ma chambre et dans la cuisine.

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Agrandissement des images

J’ai très vite compris et acquis la phase 1 de la méthode. je sais que si j’apporte une image j’obtiens une chose mais je suis capable d’apporter n’importe quelle image, j’ai dû mal à les discriminer ou pire encore je les amène toutes. Quand Maman me refuse quelque chose, comme un gâteau, parce qu’il n’est pas l’heure, je ramasse un bout de papier qui traîne par terre et sans m’énerver je lui apporte. Maman est tellement contente qu’elle me donne mon gâteau même si en appliquant strictement la méthode elle ne devrait pas.

Bref, Maman est donc reparti de la phase 2 alors qu’au bout d’un mois je discriminais quelques images comme celle du « puzzle » ou « des bulles ». Je ne peux pas progresser dans tous les domaines en même temps. Pendant les vacances j’ai amélioré mon comportement :je suis plus calme, j’écoute plus et je reste plus longtemps concentré mais au niveau de la communication j’ai peu progressé. Maman a donc agrandi certaines cartes en format A4 et elle a mis dans un petit coin la petite image. Elle n’a pas forcément agrandi le picto mais elle l’a rendu plus réaliste. Par exenple, pour la pâte à modeler, je reconnais le logo, pour le puzzle elle a mis une photo d’un de mes puzzles…C’est, ainsi, plus facile pour moi d’apporter la bonne image au bon moment.

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Pour l’instant, Maman travaille la discrimination des images en séance : elle me met sur un plan vertical une seule image :

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ou une image et une feuille blanche ou encore une image en haut et une en bas en laissant celle désirée en haut et en variant la taille des images:

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Quant à l’utilisation du PECS dans la vie quotidienne, pour que je donne la bonne image, Maman ne laisse à ma hauteur que l’image dont je vais avoir besoin au moment où elle sent que je vais demander l’objet en question.

Structuration visuelle des actions de ma journée

Je ne suis pas du tout autonome actuellement. Quand Maman me dit que l’on va se promener je ne réagit pas de même pour aller manger. Maman doit constamment me porter ou me prendre par la main pour m’amener vers ma poussette ou ma chaise haute. Ce n’est qu’ à ce moment-là que je comprends ce que Maman attend de moi. Pour m’aider elle a mis dans les différents endroits de la maison des cartes format A4 qui représentent les actions que je dois effectuer en ce lieu précisément.

Manger:
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Me laver les mains:
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Me laver:
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les images proviennent du livre « Parce qu’une image vaut mille mots » dont je vous ai déjà parlé.

A terme, Maman a prévu que je consule mon emploi du temps girafe et que j’apporte la carte correspondant à l’action à effectuer et la scratche sur la grande carte. Pour le moment, je regarde les pancartes et Maman me montre l’image en me verbalisant l’action désirée.
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Visite de l’hôpital de jour

Aujourd’hui, j’ai été visiter le fameux hôpital de jour que l’on m’a proposé la semaine dernière. Eu égard aux différents commentaires et mails que j’avais reçus à ce sujet, j’avais préparé une liste de questions que j’ai posées à la pédopsychiatre qui m’a reçue. Voici un petit topo :

- Ils n’utilisent pas la méthode du packing

- Ils acceptent de prendre le cahier de communication de Xavier dans la structure pour utiliser le PECS avec lui

- Il y a un à deux ateliers de prévus par demi-journée

- Il y a un orthophoniste à mi-temps et une psychomotricienne à mi-temps sur la structure

- Il y a un bilan une fois par semaine avec les parents et le personnel qui encadre, et un bilan par mois avec la pédopsychiatre et l’institutrice spécialisée

- L’enseignante spécialisé se charge de l’intégration à l’école et du suivi à l’école (une fois par trimestre, elle se déplace observer l’enfant à l’école)

- La pédopsychiatre m’a demandé quelles méthodes j’utilisais avec Xavier et savait de quoi elle parlait. Je précise, car une pédopsychiatre m’a déjà demandé les différences entre ABA, TEACCH et PECS !

- Les locaux sont très accueillants et colorés.

- Sur les placard, j’ai remarqué les photos des objets qui y sont rangés. Il y a donc une structuration visuelle mise en place.

- Il y a 3 salles (travaux manuels, jeux et exploration sensorielle ) et un grand jardin avec terrasse et jeux d’enfants.

Je reste sur la réserve car je ne veux pas m’emballer trop vite car s’il était sensationnel, il n’y aurait pas de place, mais ma première impression a été positive. Le personnel a accepté de m’écouter et semble ne pas être opposé à travailler avec moi pour le bien-être de Xavier.

Je pense aussi que Xavier se sentira bien dans la structure car les locaux sont colorés et le jardin aménagé. L’effectif est réduit (maximum 8 enfants environ en même temps) ce qui lui permettra d’apprendre progressivement la socialisation.

L’autre point positif concerne le relais avec l’école. J’ai insisté sur le fait que je voulais qu’il soit scolarisé, mais que je voulais que la scolarisation soit encadrée pour ne pas être un échec et on a paru bien me comprendre. Les parents ne sont pas exclus de la structure bien au contraire.

Voilà, je pense donner suite pour 2, 3 demi-journées par semaine et je verrai si cela peut correspondre aux besoins de Xavier.

Formation TEACCH

La semaine dernière, Maman a fait une formation à la méthode TEACCH avec l’association Pro Aid Autisme.
Je vais lui laisser la parole pour qu’elle vous explique ce qu’elle y a appris.

La méthode TEACCH est un programme dont le berceau se trouve en Caroline du Nord. Elle a été créée dans les années 70 par Eric Shoepler. Cette méthode repose sur le principe selon lequel il ne faut pas se battre contre l’autisme mais travailler avec lui. L’objectif de cette méthode consiste à rendre l’individu autonome et apte à vivre en société.

A long terme, le but poursuivi par l’approche TEACCH réside « à la fois dans le développement des compétences et dans l’épanouissement des besoins humains fondamentaux que sont la dignité, le fait de s’adonner à des activités utiles et personnellement significatives, le sentiment de sécurité, la perception d’efficacité personnelle et la confiance en soi ».

Afin de pouvoir travailler avec l’autisme, le programme a développé un concept appelé « la culture de l’autisme ». Il s’agit d’observer la personne autiste afin de voir ses difficultés pour mieux adapter les apprentissages.

Parmi les caractéristiques de la personne autiste, il y a :

- puissance du canal visuel
- attention focalisée sur les détails au détriment de l’ensemble
- problème dans les associations d’idées
- problème de communication
- problème lié au repérage dans le temps
- attachement à certaines activités qu’elle répète sans se lasser
- attachement aux routines
- rigidité
- préférences sensorielles

Une longue observation de chacune des personnes autistes permet de personnaliser cette liste non exhaustive.

A partir de ces observations, le programme TEACCH propose un « enseignement structuré » qui est la base l’approche de Schoepler.

Le premier principe de TEACCH, une fois les observations effectuées, est de construire un emploi du temps afin que la personne autiste ait des repères dans le temps et dans l’espace. Chaque activité est prévue et planifiée rigoureusement par différents moyens (l’écrit, le picto, le dessin, la photo ou l’objet).

Le second principe est de proposer des activités structurées de sorte que la personne autiste sache ce qu’on lui demande, où elle doit se placer et quand l’activité est terminée, sans que l’adulte ne le lui dise. Le langage est un objectif, mais pas un outil. En effet, selon l’approche TEACCH, les repères visuels remplacent la parole souvent peu comprise par les autistes.

Voilà un exemple de présentation d’une activité structurée d’après le programme TEACCH. Très facilement, l’enfant comprend la consigne visuellement. Il s’agit d’une activité de tri par couleur. Les repères sont nets et le concept de fin marqué (quand il n’y a plus d’épingles dans le pot de gauche) :

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En ce qui concerne le troisième principe, il vise le traitement des comportements des personnes autistes. Il ne s’agit pas d’éradiquer les comportements socialement dérangeants ou non fonctionnels, il faut les encadrer afin qu’ils disparaissent petit à petit. Par exemple, si votre enfant aime tirer la chasse d’eau et le fait toute la journée, il faut s’en servir comme d’un renforçateur en marquant le tirage de la chasse d’eau sur l’emploi du temps après une séance de travail. Ainsi, au lieu de le faire 100 fois dans la journée, il ne le fera que 20 et ce comportement disparaîtra petit à petit.

La dernière partie du stage concernait des questions pour savoir la différence avec la méthode ABA, voilà les réponses qui ont été faites :

- Comme la méthode ABA, la méthode TEACCH décompose les apprentissages (ex : le lavage des mains : on apprend successivement à la personne autiste à mouiller ses mains, puis prendre le savon…).
- Avec TEACCH, on travaille avec l’autisme et non contre, ce que fait la méthode ABA.
- Selon l’approche TEACCH, l’enseignant doit s’adapter à l’autiste alors que, d’après le programme d’analyse appliquée du comportement (ABA) il s’agit d’adapter l’autiste à son environnement.
- Le programme de Schoepler part des intérêts de l’enfant, alors que la méthode ABA utilise des renforçateurs une fois le but atteint.
- La gestion des stéréotypies est également différente puisque d’un côté on fait avec en les encadrant (TEACCH), alors que de l’autre on souhaite les éradiquer à tout prix (ABA).

Le programme TEACCH se base sur les forces et les compétences émergentes de la personne autiste pour agir de telle ou telle façon, alors que la méthode ABA pousse l’enfant à acquérir de nouvelles compétences.

Pour conclure, je tiens à dire que cette formation a été très enrichissante et qu’elle m’a permis de mieux comprendre le mystère de l’autisme. Elle m’a également donné de nombreuses pistes de travail que je vous ferai partager lors de mes prochains billets. Je tiens à préciser que la différence entre la méthode ABA et le programme TEACCH, que j’ai présentée, est informative et concerne l’avis des formateurs à la méthode TEACCH (qui ne sont donc pas des pro-ABA). Je ne suis pas pour l’une ou l’autre, je prends ce que je pense être le meilleur dans chacune des méthodes pour aider Xavier.

Voici un lien vers d’autres activités structurées d’après les concepts développés par la méthode TEACCH.

Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis

A force d’entendre dire que je devrais essayer de compléter le PECS avec des signes. Je me lance car effectivement je trouve qu’ajouter des signes à ma pratique du PECS me permet de donner la possibilité à Xavier de communiquer en toutes circonstances, même dans la rue ou au parc quand il n’a pas son classeur de communication.

Par contre, c’est difficile pour moi car Xavier ne reproduis aucun geste (il ne fait même pas « au-revoir ») et en plus il faut que je le force à me regarder, mais je sais que cela va venir et je sais surtout qu’il faut que je comble tous les moments de la journée où le PECS est matériellement inutilisable.

En effet, je me rends bien compte que Xavier a de grosses difficultés à comprendre ce que je dis. Il ne comprend aucune consigne, par contre il ne me semble pas insensible aux gestes. je pense qu’il ne comprend pas la voix humaine. D’ailleurs, une orthophoniste m’a dit que Xavier ne faisait pas la différence entre une voix et le bruit d’une voiture. Il y aura donc une grosse rééducation auditive à faire, mais en attendant cela ne sert à rien que j’utilise le canal de la communication orale s’il ne le comprend pas.

Merci donc à Laurence et Marie-soleil pour leurs conseils. Je suis désormais convaincue de l’utilité des signes et compte m’investir dans ce mode de communication pour compléter le PECS. Pour comprendre le titre, il suffit de relire ce billet pour voir que j’étais moyennement motivée.

Par contre, J’ai trouvé un super site qui va beaucoup m’aider dans mon apprentissage et mon immersion dans le monde des signes : le joli monde d’Alicia.

Bilan de mes progrès au bout de 6 mois

Cela fait 6 mois que le diagnostic pour Xavier est tombé. Cela fait aussi 6 mois que l’on travaille d’arrache-pied tous les jours, même le dimanche ! Il est donc temps pour se motiver, voir que le travail porte ses fruits, et faire un bilan.

J’ai donc décidé de faire une liste de tous les progrès de Xavier dans différents domaines :

Compréhension verbale :

Les progrès sont lents et difficiles mais présents. Xavier  a beaucoup de mal à comprendre le langage oral car il n’utilise pas correctement son ouïe. En effet, il ne fait pas beaucoup de différences entre une voix humaine et le bruit d’une moto. Je compte rééduquer ce problème sensoriel maintenant qu’il arrive à rester assis une heure et à se concentrer. Il s’agira, avec un loto sonore, de lui faire associer l’image d’une moto avec son bruit pour qu’il range tout dans sa tête à la bonne place.

Parmi les consignes verbales qu’il comprend, il y a :

- Viens au bain

- Donne la main

- Donne la carte (pour le PECS)

Ce sont des petits progrès, mais il y a six mois il ne comprenait rien. Il ne répond toujours pas à son prénom.

Compréhension non verbale :

Les progrès dans ce domaine sont flagrants et énormes. Xavier a adhéré très vite à la méthode PECS et comprend beaucoup de choses avec les images. Il sait donner l’image de la télé quand il faut mettre son DVD, de son puzzle, des bulles, des fraises… Bref, quand la situation est motivante, il trouve la carte dont il a besoin et sait l’apporter. D’ailleurs, quand je lui dis « non » ou lui refuse quelque chose, il va chercher un bout de papier et me l’apporte !

Communication verbale :

Xavier dit quelque mots : ba (banane), minmin (maman), papa, puzzle (quelquefois), bu (bulle)…

Il ne parle pas : des sons sortent, mais c’est plus du babillage. Il répète parfois. Une fois il m’a dit « au revoir » en me regardant. Il fait aussi de l’écholalie, il répète pendant une heure (gué-goi »(son papa s’appelle Grégoire)

Le langage oral aussi bien en émission qu’en réception n’est pas un domaine dans lequel Xavier semble s’épanouir.

Communication gestuelle :

Parfois, Xavier me demande des choses en faisant des gestes. Il me montre qu’il a renversé sa purée par terre, qu’il faut mettre son pot de légumes au micro-ondes, qu’il s’est fait mal au pied. Ce sont des choses qui peuvent paraître bêtes, mais avant Xavier ne savait pas dire ce qu’il voulait, où il avait mal : il hurlait et je devais systématiquement deviner.

Sur les conseils de la maman de Sixtine, j’ai mis en place quelques signes pour essayer de capter son regard, mais pour l’instant je ne peux pas dire s’il comprend et si ça marche.

Comportement :

Xavier court toujours partout et n’importe où, mais il arrive à se poser pour une activité (peinture, pâte à modeler, dessin…). Il crie moins, comme il arrive à dire ce qu’il veut avec ses images. Il tourne moins sur lui-même, mais il se griffe régulièrement le visage…

Sommeil :

Côté sommeil, ce n’est toujours pas terrible, il dort peu. Le matin, quand je me lève à 6h, il a allumé sa lumière et est en train de lire et semble être réveillé depuis longtemps. D’ailleurs, si je vais au bout de ma rue en poussette à 11h le matin, il s’endort. A 3 ans , c’est qu’il dort peu la nuit. Il est très sensible aux changements dans ses habitudes de sommeil et la moindre perturbation se paie pendant plusieurs jours (plus de sieste, réveil définitif à 2h du matin…).
Alimentation :

Xavier est toujours très exclusif, il ne mange que des pots Blédina pour enfant de 6 mois (courgette/veau et carotte/jambon), du pain, des fraises , du melon et des bananes. Je ne m’acharne pas sur le côté alimentaire. Aucun progrès dans ce domaine, et si je ne lui donne pas ce qu’il veut, il est capable de ne pas manger pendant 3 jours. Quand il a faim, il a immédiatement de gros problèmes de comportement, alors j’essaie de ménager la chèvre et le chou.

Propreté :

Xavier n’est toujours pas propre. Je l’emmène aux toilettes et parfois il fait, mais ne semble pas se rendre compte de ce qui se passe. Cependant, il reste sur les toilettes. Par contre, quand la couche déborde ou qu’il est mouillé, il n’est pas du tout gêné. Cet apprentissage est à approfondir mais j’attends cet été pour être plus stricte.

 

Voilà, le bilan est plutôt positif même si je sais qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. Je sais aussi que les progrès sont obtenus dans le cercle familial, dans son domaine et non en collectivité. Sa relation aux autres est très compliquée puisqu’il ne semble pas voir d’autres personnes qui sont dans la même pièce que lui. Et s’il les voit, il est si angoissé que je dois le changer d’endroit. Aujourd’hui, j’ai fait le deuil de l’école (et pour une instit ce n’est pas simple) mais je sais que ce n’est pas la structure dans laquelle il fera les plus gros progrès. Je ne compte pas non plus le garder à la maison toute sa vie, mais je pense qu’il lui faudra une structure avec un petit effectif.  Pour l’instant, il est encore petit alors je vais le garder un peu en attendant de trouver la structure idéale : une classe de 4 élèves avec une instit attentive, souriante et motivée (!). C’est sûrement utopique mais je vais chercher une solution. La route est longue mais tous ces progrès me donnent envie de continuer, même si parfois je me dis que je pourrais faire les magasins, prendre soin de moi, faire du sport plutôt que découper des pictogrammes, fabriquer des jeux, me faire griffer ou mordre. Mais c’est la vie et finalement je me dis que j’ai de la chance d’avoir un enfant comme cela, car je prends la vie comme elle vient et je me réjouis d’un rien. Je ne suis pas blasée et ne m’énerve pas pour rien, la vie est donc plus facile. Je n’ai qu’un gros souci, alors tous les autres problèmes pour moi ne sont que des bagatelles !

Un loto créé spécialement pour moi

J’ai une manière un peu particulière de jouer au loto. La voici :

Photo hérbergée par zimagez.com

Comme vous l’avez remarqué, j’aligne toutes les pièces à l’envers. En effet, je m’étourdis en regardant le symbole Ravensburger. A cause de mon handicap, je n’ai pas la même perception des sens que vous. J’ai une sensibilité visuelle qui me permet de voir tous les détails, et cela me donne du plaisir. Comme je n’arrive pas à communiquer, je suis angoissé, et pour gérer cette angoisse je recherche des sensations et l’étourdissement visuel en est une parmi tant d’autres.

Pour pallier cette difficulté, Maman se bat pour me faire associer deux images identiques. L’acquisition de cette compétence me permettra d’évoluer dans les étapes d’apprentissage de la méthode PECS, donc dans l’apprentissage de la communication. Quand j’arriverai à discriminer toutes les images, je pourrai seul aller chercher ce que je veux. Je gagnerai ainsi en autonomie.

Afin de me permettre de jouer au loto, Maman a adapté le jeu classique. Elle a découpé les plaques de façon à obtenir des images en double, puis elle a tracé un carré de 4 cases sur une feuille. Je dois poser les images identiques l’une à côté de l’autre. Chaque image a un morceau de scratch adhésif côté doux et il y a un côté crochet dans la case du support.

Voici ce que ça donne en images :

Photo hérbergée par zimagez.com

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Méthode des 3i : quelques précisions

Suite à des commentaires d’autres Maman , Maman voulait apporter quelques précisions à son billet. Tout d’abord, il faut préciser que les 3 i correspondent à trois notions qui constituent les trois piliers de la méthode, il s’agit d’une méthode qui prévoit:
-une stimulation intensive
-une stimulation individuelle
-une stimulation interactive

C’est une méthode de stimulation intensive qui nécessite l’intervention de nombreux bénévoles qui se succèdent 40heures par semaine auprès de l’enfant. L’objectif est de stimuler l’enfant c’est-à-dire interagir avec lui grâce au jeu.

Ce ne sont pas les apprentissages qui sont travaillés mais l’interaction avec l’enfant. Maman est entré en contact avec d’autres Mamans qui soulignent les bienfaits de cette méthode. Cette dernière est suggérée et organisée par l’association Autisme Espoir vers l’Ecole.

Maman se dit que finalement elle applique cette méthode avec moi sans le savoir car à la maison la stimulation est intensive, individuelle et interactive.


La stimulation est individuelle

Maman passe ses journées à jouer avec moi, à me demander des images et à ma raconter des histoires.


La stimulation est intensive

Selon la méthode, il s’agit de travailler 6h par jour. Maman me fait travailler 2 fois 1h, je vais 1h30 à la crèche et j’ai orthophoniste ou psychomotricité pendant 1h30 tous les jours. Si on fait les comptes j’en suis à 5h.

La stimulation est interactive
Toute la journée, on me dit « Xavier regarde-moi ». Lors de toutes les activités, Maman essaye d’accrocher mon regard afin de rentrer en communication avec moi.

Voilà, Maman vous tiendra au courant de ses recherches quant à cette méthode.

Faire un puzzle en utilisant le PECS

Avec mon grand frère Louis, j’ai une manière un peu particulière de faire les puzzles. En effet, je dois lui donner une carte « puzzle « pour obtenir la pièce que je désire. Cela me permet de travailler à la fois la représentation spatiale et la communication. Je m’exerce à faire une demande tout en réalisant un assemblage.

Étape 1 : Je prends la carte puzzle.

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Étape 2 : J’apporte la carte puzzle à Louis et la lui pose dans la main.

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Étape 3 : Louis me donne une pièce de puzzle.

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Étape 4 : J’assemble les pièces de puzzle

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Voilà, pour ceux qui me connaisse et qui suivent mon blog, vous avez pu voir que j’utilise la méthode PECS. J’arrive maintenant à me déplacer pour aller chercher une carte et amener cette dernière dans la main de la personne qui détient l’objet que je désire. Maman est très fière de mes progrès et Louis est ravi de jouer avec moi.

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