La méthode PECS

« Picture Exchange Communication System » (Système de communication par échange d’image : PECS ) est un système de communication par échange d’image qui permet de suppléer ou d’augmenter la communication des enfants ayant des troubles autistiques ou présentant un trouble de la communication sociale.

En utilisant le PECS, les enfants apprennent à venir chercher leur interlocuteur pour lui remettre l’image de l’objet ou de l’activité qu’ils désirent, en échange de cet objet ou activité.

Dans un premier temps, l’enfant est incité à faire une demande pour favoriser la mise en place d’un comportement de communication. Puis, on va lui enseigner à faire une demande spontanée avec une image. Ensuite, il étoffera cette demande en construisant une phrase simple en images (ou pictogramme). Pour poursuivre, on lui apprendra à faire des commentaires sur ce qu’il voit ou entend. Enfin, on éduque l’enfant à utiliser des attributs (couleur, forme, taille, espace….)

On peut poursuivre l’apprentissage par l’emploi de phrases de plus en pus longues et plus complexes. Après un certain temps d’utilisation du PECS, une proportion d’enfants développe le langage oral. C’est la méthode de communication pour les autistes la plus utilisées dans le monde.

Comme vous avez pu le voir sur le blog (voir la catégorie « communication alternative »), Maman utilise avec moi cette méthode et compte rendre son utilisation stricte et généralisée très vite. En effet, Maman pense qu’elle n’est efficace que si elle est incluse dans un cadre pédagogique plus vaste qui va m’aider à apprendre à utiliser cette méthode en particulier.

Maman a réalisé une formation de deux jours pour cette méthode, qu’on peut voir dans ce billet.



La méthode MAKATON

Le MAKATON a été créé dans les années 1970, en Angleterre, pour aider les personnes ayant des difficultés d’apprentissage à communiquer.

Le MAKATON utilise la parole, le geste, l’expression faciale, le contact oculaire et le langage corporel. Cette méthode de communication utilise la parole avec un signe et/ou un symbole (une image). L’expérience et la recherche indiquent que l’utilisation de gestes/signes favorise et stimule le développement de la parole. Pour cette méthode, il est très important d’utiliser la parole avec les signes et les pictogrammes.

Maman n’a pas choisi d’utiliser cette méthode avec moi car j’ai beaucoup de mal à imiter, signer et regarder. Je ne fais que très rarement au-revoir avec la main alors elle pense que ce ne sont pas les gestes qui vont susciter chez moi l’envie de communiquer.

De plus, Maman pense que cette méthode de communication connaît des limites dans la mesure où les personnes de l’entourage ou de la société en général ne sont pas forcément capables de comprendre des signes (tout comme les signes de la LSF pour les sourds). Ceci est un avis personnel de Maman. D’ailleurs, elle utilise certains signes de la LSF appris dans le livre « bébé signe » pour me dire « boujour », « merci »… Elle pense que dans certaines situations, il est bon pour elle d’associer des signes aux mots pour que je la comprenne mieux.

Il faut cependant noter que les signes du Makaton sont très spécifiques et ce ne sont pas les mêmes que ceux de la LSF. Enfin, cette méthode, pour être pratiquée, nécessite une formation de plusieurs jours.



La méthode des 3i

La méthode des 3i est une méthode éducative récente basée sur les principes de plusieurs méthodes américaines qui ont le jeu pour pilier principal.

Il s’agit d’une méthode de stimulation individuelle : l’enfant est seul face à l’adulte dans une pièce aménagée de sorte que l’enfant ne soit ni distrait par les bruits extérieurs, ni par la lumière extérieure. La prise en charge est intensive : 40h par semaine.

L’objectif des différentes activités proposées à l’enfant est unique : c’est la communication. Aucun autre but pédagogique, cognitif ou social n’est recherché. Le jeu est néanmoins un support essentiel puisqu’il permet à l’enfant de se détendre. Cette détente est considérée indispensable pour rétablir l’attention conjointe d’avec l’enfant autiste. Il faut tout transformer en jeu sans aucune attente, comme avec un tout petit, afin que la détente soit optimum. Ainsi, sera engendré l’éveil progressif nécessaire pour passer tous les stades occultés : regard, pointage du doigt, marionnettes, quatre pattes…

Les parents ont un rôle de coordination des différents intervenants. Il doivent réunir une équipe qui applique tous ces principes dans leur intégralité.

Il s’agit de rentrer dans le monde de l’enfant autiste pour, tout doucement, par le jeu, avec beaucoup d’affection, de tendresse et de respect, le ramener vers le nôtre. Il faut retirer l’enfant de l’école pour le sortir de sa bulle et mieux l’y remettre plus tard.

Maman ne s’est pas beaucoup renseignée sur cette méthode, et les différents thérapeutes qui travaillent avec moi ne semble pas l’utiliser. C’est donc plus par ignorance que par refus de la méthode que Maman ne travaille pas comme cela. Cependant, c’est une stratégie éducative nouvelle qui a fait ses preuves.



La méthode Padovan

C’est l’intrus de cette catégorie, puisque l’on ne peut ni la qualifier de stratégie éducative ni de méthode de communication. En effet, il s’agit d’une méthode de réorganisation neuro-fonctionnelle. Elle est parfois appliquée par des orthophonistes et parfois par des psychomotriciens.

En proposant une récapitulation des mouvements du début de la vie, il s’agit de stimuler le système nerveux avant la difficulté repérée (dyslexie, hypotonie, hyperactivité…). De ce fait, nous avons plus de chances de balayer la zone où l’étape de maturation a été lésée ou non stimulée. ce qui entraine une amélioration de tout l’Etre.

La réorganisation neuro-fonctionnelle propose, pour cela, des exercices qui récapitulent les premiers mouvements conduisant l’enfant de la position horizontale à la position verticale, puis des exercices qui récapitulent le développement des mains, des yeux, de la bouche. Il s’agit donc de rechercher les problèmes à la base pour corriger et réapprendre les bons mouvements afin de développer le langage notamment.

Cette méthode favorise la maturation du système nerveux dans les troubles du comportement et les difficultés d’apprentissage.

Selon Béatriz Padovan, professeur à l’origine de cette méthode : « pour parler, nous utilisons la même neuro-musculature que pour manger et respirer. L’étape du parler sera donc améliorée par une récapitulation des mouvements primitifs de la nutrition et de la respiration. »

Chaque exercice est accompagné d’un poème récité par le thérapeute afin de prendre soin simultanément du rythme, de l’attention, de l’imagination et de la synchronisation des mouvements.

Maman n’avait jamais entendu parler de cette méthode jusqu’à récemment puisque l’une des orthophonistes que je verrai l’année prochaine utilisera cette méthode. Maman pourra donc vous en parler plus longuement plus tard.



Le psychomotricien

Maman n’est pas toute seule pour mener ce combat. Il y autour d’elle toute une équipe qui la conseille et qui l’aide à me stimuler. Ces différentes interventions ne vont pas me guérir, mais elles vont m’aider à grandir et à m’insérer dans la vie sociale, à acquérir des compétences. Je vais vous présenter ce que je fais avec le psychomotricien.

La prise en charge du psychomotricien vise à me faire découvrir mon environnement et à améliorer ma relation avec moi-même. Quelquefois, quand j’ai peur, que je veux dire quelque chose ou quand je ne comprends pas ce qui se passe autour de moi je fais des gestes stéréotypiques. Je tourne sur moi-même ou autour des objets, je me mords la main, je me griffe jusqu’au sang, j’aligne tous les objets que je trouve…

Le psychomotricien est là pour m’aider à compenser avec ma pensée ces différentes angoisses que je retranscris avec mon corps. Il m’apprend à trouver dans mon esprit de quoi mieux comprendre et gérer mes angoisses, ce qui me permettrait d’éviter d’avoir à rechercher des sensations. Il lutte contre mes activités ritualisées, contre mes réticences aux changements. Avec beaucoup de douceur, il m’explique qu’il n’est pas là  pour me faire mal comme un docteur ordinaire (il ne fait pas de piqûre, il ne va rien me mettre dans la gorge) mais qu’il est juste là pour m’aider à grandir, pour que je me sente moins seul.

Il m’aide à construire mon « je par le jeu ». C’est en jouant avec moi qu’il m’apprend à penser. J’ai un gros problème face aux différents objets qui m’entourent. Je ne sais pas les animer, je les manipule, les regarde, et les aligne mais je ne peux pas imaginer une scène avec eux et encore moins les utiliser dans le but pour lequel ils ont été initialement fabriqués. Rien n’est spontané pour moi, on doit tout m’apprendre : à faire rouler une voiture, mettre des bonshommes dans une voiture, des animaux dans un pré, jouer à la poupée, lui donner le biberon. Je n’ai aucune capacité à reproduire et imaginer les actions qui sont normalement apprises par imitation chez les autres enfants. Cela nécessite chez moins de longues heures d’apprentissage. Le psychomotricien m’apprend donc à animer les objets : je dois lui renvoyer une balle, une voiture.

Le psychomotricien est là aussi pour m’aider à prendre conscience de mon corps, de mon individualité. Il m’aide à me rendre compte que ma main est au bout de mon bras et que c’est à moi. Il me touche, me presse, me chante des comptines que je dois mimer.

Je suis un petit garçon qui a beaucoup de mal à ressentir quand j’ai mal quelque part, je ressens un mal-être, mais je suis souvent incapable de savoir pourquoi je suis mal et encore moins de l’exprimer à mes parents, qui doivent alors essayer par eux-mêmes de connaître l’origine de mes douleurs. Le psychomotricien, par ces jeux tactiles, est aussi là pour m’aider à ressentir que l’on me masse le pied par exemple…

Enfin, le psychomotricien m’entraîne à regarder les autres, à utiliser mes yeux non pas pour voir mes pour regarder. Si je regarde les autres et le monde qui m’entoure, je vais me sentir moins seul et pourrai commencer par communiquer. Il m’apprivoise petit-à-petit en me chantant des comptines, en variant le son de sa voix et en jouant avec moi.

Je ne vous cache pas que ses séances m’effraient et quand je vois arriver le psychomotricien, je me blottis dans les bras de Maman en la serrant très fort, en espérant qu’elle craque et qu’elle me garde avec elle : mais elle résiste et me laisse seul face à moi-même. Pour moi qui suis un petit garçon qui a besoin d’espace et de liberté pour évacuer mes angoisses, rester une heure face à moi-même et face à l’autre est très difficile. C’est une épreuve qui, après 6 mois de prise en charge, est encore rude. Je suis parfois très agressif, mais le psychomotricien n’est pas comme les autres docteurs, il ne me gronde pas, il sait que quand je mords, ce n’est pour lui faire mal mais parce que j’ai mal et que je me sens si seul…



L’orthophoniste

Tout le monde a déjà entendu parler que tel ou tel enfant allait chez l’orthophoniste car il béguaie, zozote ou qu’il a du mal à apprendre à lire.

Il est difficile de comprendre que je vais voir un orthophoniste, sensé rééduquer le langage alors que moi-même je n’oralise pas ou si peu. En fait, il existe des orthophonistes qui s’occupent d’enfants comme moi qui ne parlent pas et qui ont de graves troubles de la communication. Son rôle, dans mon cas, est de m’apprendre un nouveau mode de communication autre que le langage. En effet, on peut communiquer par le geste, le regard ou les images.

Avec moi, pour l’instant, elle utilise les images en référence à la méthode PECS. Ses séances sont beaucoup moins éprouvantes pour moi que celles du psychomotricien, car il y a toujours un objet entre elle et moi. Son but est de me mettre dans des situations dans lesquelles il sera nécessaire pour moi de communiquer. A partir d’activité pédagogiques et éducatives, elle va me pousser à demander de l’aide ou un outil. Mais elle va me donner les moyens de formuler cette aide ou cette demande. Elle laissera par exemple à ma portée une image.

Par exemple, pour l’artiste invétéré que je suis, il est très frustrant d’avoir une feuille sans crayon alors je suis obligé de m’arranger pour les demander. Pour l’instant, la communication est forcée et rendue volontairement nécessaire mais l’objectif est qu’elle vienne spontanément. Les supports des séances me plaisent beaucoup et me réconfortent et m’apaisent. Il s’agit de pâte à modeler, de gommettes, de puzzles, de lotos,de bulles…

Je me fâche souvent quand je vois le piège que l’on m’a préparé mais les crises s’estompent assez rapidement quand je comprends qu’il n’est pas si difficile que cela d’obtenir ce dont j’ai besoin. Petit à petit, l’orthophoniste m’apprend à comprendre pourquoi il est nécessaire de communiquer et m’aide à établir une communication non verbale d’abord afin que je puisse exprimer mes demandes, mes choix, mes envies… Je ne pourrai pas grandir si je me contente de ce que je vois sans imaginer et exprimer ce que je voudrais.

Comme le psychomotricien, l’orthophoniste ne me guérira pas (encore faudrait-il pouvoir guérir de l’autisme!) mais elle m’aide à grandir en me donnant des outils pour aller vers l’autre. Elle m’apprend à communiquer socialement, à remplacer mes angoisses par des mots, des gestes, des images. L’objectif bien-sûr est de m’amener vers l’oralisation mais aujourd’hui, si quelques mots commencent à sortir, il ne semble pas que je choisirai la parole pour communiquer. En effet, j’ai du mal à utiliser les mots pour parler, j’ai tendance à répéter les mots en écholalie ou à ne pas leur attribuer de sens. Je n’associe aucun signifiant spécifique aux différents sons que j’émets. je n’arrive pas à structurer mon langage. Les images m’aideront à le faire, puisqu’à chaque image correspond un mot et donc un sens.



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Olivier Ange |
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