Mon premier classeur de communication

Maman a terminé mon premier classeur de communication. Elle a réalisé des pictogrammes pour tous les moments clés de la journée. Elle a ainsi disposé sur des pages de couleur les pictogrammes en les rassemblant par thème.

Il y a deux pages qui correspondent aux pictogrammes représentant les activités prévues lors des séances de travail:

Photo hérbergée par zimagez.com

Photo hérbergée par zimagez.com

Il y a d’autres pages sur lesquelles sont disposés les pictogrammes qui seront utilisés lors des repas :

Photo hérbergée par zimagez.com

Photo hérbergée par zimagez.com

Les pages jaune et verte correspondent aux symboles que j’utilise pour demander mes jouets ou ce que j’aime (sortir, la télé…) :

Photo hérbergée par zimagez.com

Photo hérbergée par zimagez.com

Enfin, une dernière page est consacrée à mon doudou et à ma tétine. Maman n’a pas oublié de faire des cartes blanches afin que l’on puisse dessiner l’objet désiré avec un crayon velleda.

Photo hérbergée par zimagez.com

Ce classeur nous suit partout car il me permet de communiquer, de dire ce que je veux.

Maman a pioché un peu partout pour fabriquer les pictogrammes. Elle a fait en sorte de ne pas tous les faire de la même taille et de la même couleur afin que je puisse plus facilement les discriminer. Voici quelques adresses de sites qui l’ont aidée à trouver son inspiration :

- le site de la maternelle de moustache
- les pictogrammes de cigale
- Do2learn
- les pictogrammes de sa formation PECS France



Mon nouveau copain

Afin que je me sente moins seul dans ma chambre quand je me réveille en pleine nuit ou que je n’arrive pas à dormir, maman m’a cousu un drôle de compagnon.

Il est en polaire car je suis très sensible à la texture des tissus et notamment à tout ce qui est doux. Il est rembourré avec de la ouatine comme ça je peux m’allonger dessus et me frotter la joue, ça me calme et m’apaise.

Toute la famille a décidé de l’appeler  » teddy bear » comme dans Dora car j’adore ce dessin animé.

Photo hérbergée par zimagez.com

Maman a trouvé le patron sur le site de citronille.



Les bulles

Dans le cadre de la mise en place de la méthode PECS, Maman m’apprend à lui donner une image quand je veux quelque chose. Il s’agit de me forcer à formuler une demande afin que je commence à communiquer.

Comme j’aime beaucoup les bulles de savon et que je n’arrive pas à les faire tout seul, Maman a trouvé une astuce. Elle a posé sur une table dans le salon l’image des bulles, et pour qu’elle en fasse, je dois lui apporter cette carte dans la main. Puis, une fois la carte en main elle fait des bulles, puis s’arrête. Si j’en veux d’autres je dois retourner chercher la carte et lui mettre dans la main.

Maman est très fière de moi car j’y arrive très bien, je cours chercher la carte pour la lui apporter. C’est la première fois qu’elle me voit faire quelque chose en poursuivant un but. Je sais que si je donne la carte j’aurai des bulles. J’ai compris la fonction de la carte : obtenir quelque chose. Il me reste à comprendre que la carte est propre à chaque objet de la même façon qu’à un mot correspond une chose. En effet, pour l’instant j’ai du mal à discriminer les cartes et je donne n’importe quelle carte pourvu qu’elle se trouve sur la table.

Mais ce qui a le plus réjoui Maman, c’est que pour la première foi, je partage un jeu avec mon grand frère Louis. C’est lui qui me fait des bulles et je lui apporte la carte pour qu’il recommence. Et comme dit Louis « dis donc, Maman il a fait des progrès Xavier car il ne se met pas en colère, il ne griffe pas et il ne mord pas ». Louis, du haut de ses 4 ans, a tout compris : je griffe et mords car je n’arrive pas à communiquer mais comme l’image me permet de dire ce que je veux, je suis plus calme et j’attends que Louis fasse des bulles.

Voilà une petite séquences PECS en images.

Étape 1 : Maman met la carte des bulles sur la table.

Photo hérbergée par zimagez.com

Étape 2 : Je vais chercher la carte des bulles sur la table pour l’amener à Louis(en courant)

Photo hérbergée par zimagez.com

Étape 3 : Je donne la carte à Louis.

Photo hérbergée par zimagez.com

Photo hérbergée par zimagez.com

Etape 4 : Louis a récupéré la carte et j’attends qu’il fasse des bulles

Photo hérbergée par zimagez.com

Étape 5: Louis me donne ce que j’ai demandé : il me fait des bulles.

Photo hérbergée par zimagez.com

Louis est très fier de pouvoir jouer avec moi, et en rentrant de l’école il me fait tous les soirs des bulles : j’ai de la chance d’avoir un frère si patient et attentionné.



Introduction

Maman vous donne quelques explications concernant les différentes méthodes de communication et stratégies éducatives pour lesquelles elle a lu de nombreuses choses. Elle propose, avec ses mots, de vous exposer les grands principes de celles utilisées chez les enfants autistes. Elle ne prétend pas dire la vérité mais elle vous propose son interprétation des méthodes et ses avis sur celles-ci. Vous pouvez faire des commentaires, proposer des modifications et exposer votre point de vue.



Stratégies éducatives et méthode de communication : des confusions à éviter

Il ne faut pas confondre les stratégies éducatives et les méthodes de communication. En effet, les premières sont des méthodes pédagogiques permettant de combler, enrayer les problèmes de comportements de l’enfant autiste alors que les secondes ont pour vocation à mettre en place un système de communication verbale ou non.

1/ En ce qui concerne les stratégies éducatives concernant l’autisme, les plus connues sont : la méthode ABA, la méthode TEACCH.

Le principe de la méthode ABA est d’encourager les comportements positifs et d’ignorer les autres, par exemple l’automutilation ou l’écholalie.

Le principe de la méthode TEACCH est d’aider l’enfant autiste à mieux se repérer dans le temps et dans l’espace, au moyen de photos, de gestes ou de consignes écrites.

2/ En ce qui concerne les méthodes de communication concernant l’autisme, les plus connues sont : la méthode PECS, la méthode MAKATON.

Le principe de la méthode PECS est de mettre en place une communication non verbale à partir d’échange d’images.

Le MAKATON utilise la parole avec un signe (geste) et/ou symbole (image).



La méthode ABA

L’ABA signifie « Applied Behavior Analysis » qui se traduit par « analyse appliquée du comportement ». L’ABA comporte un programme de modification du comportement et de développement de compétences.

Il s’agit de développer chez l’enfant des compétences lors de séances structurées qui ont pour objectif de mettre en place une guidance de l’adulte qui disparaîtra quand l’acquis sera consolidé. Cette méthode s’applique partout (à la maison, à l’école, à l’extérieur…), et pour tous les apprentissages, qu’ils soient sociaux, cognitifs ou communicatifs.

Comme dans la méthode TEACCH, il s’agit de renforcer et d’inciter les bons comportements par des récompenses ou par quelque chose qui plaît à l’enfant et qui le motive.

L’enseignement se fait par petites étapes. Chaque action est décomposée en une série de petites actions qui vont favoriser la réalisation du comportement voulu.

Le principe est de commencer les apprentissages dans des situations très structurées, puis de rendre l’environnement de moins en moins rigide au fur et à mesure que le comportement demandé devient spontané, renforcé et répété.

Le temps d’enseignement est prévu de sorte que le temps passé à réaliser des activités non productives se réduise et que seules les actions fonctionnelles perdurent.

Le moteur de l’enseignement est le plaisir et la motivation de l’enfant. Pour cela les activités sont attractives pour l’enfant, les récompenses présentes et les encouragements constants afin de donner à l’enfant une image positive de lui même.

Pendant longtemps cette méthode américaine a été très critiquée, voire même surnommée la « technique de la carotte », mais elle semble moins stricte à Maman que la méthode TEACCH, et les parents ne sont pas exclus totalement de cette stratégie éducative puisqu’ils ont la lourde tâche de généraliser dans la vie quotidienne le comportement appris et développé par l’enfant dans un cadre particulier.

Il lui semble que l’ABA maximise le temps d’enseignement en réduisant le temps consacré à des activités non productives, comme l’autostimulation et les comportements non fonctionnels. Il est, en effet, plus fonctionnel d’apprendre à faire rouler un ballon pour jouer avec un autre, que de le regarder pendant des heures.

Selon les recherches, le programme ABA est actuellement le plus efficace auprès des jeunes enfants ayant un trouble envahissant du développement. Il peut permettre à certains enfants à apprendre à un rythme suffisamment rapide pour rattraper le retard de développement accumulé à cause du défaut de communication. Pour mémoire, la méthode de communication PECS repose sur les principes de la méthode ABA.



La méthode TEACCH

La méthode TEACCH a été mise en place aux Etas-Unis en 1966 par Eric Schopler. Selon ce dernier, les parents doivent être considérés comme des co-éducateurs de leur enfant. Les parents connaissent leur enfant mieux que quiconque, et ce sont les partenaires indispensables des éducateurs.

Le premier principe de base de cette méthode est qu’il faut partir des compétences cognitives de l’enfant. Le second concerne la structuration de l’espace et du temps : l’emploi du temps quotidien permet à l’enfant autiste de visualiser les activités de la journée. Le travail en autonomie est également encouragé.

L’endroit dans lequel évolue l’enfant doit être épuré de toute autre distraction. L’autiste ne doit pas être tenté par son environnement afin de rester concentrer sur sa tâche.

Les renforçateurs physiques ou sociaux sont utilisés pour faire disparaître les comportements disgracieux. Il s’agit de voir se généraliser les comportements socialement correctes (s’exprimer avec une image plutôt que crier pour formuler une demande) et disparaître ceux inacceptables (ne pas intervenir lors d’un comportement d’agitation)

Le but ultime de cette stratégie éducative comportementaliste est de permettre à la personne autiste de devenir le plus autonome possible pour vivre en société.

Ce qui distingue vraiment cette méthode des autres concerne la prise en compte de la sphère familiale dans les soins de l’enfant. La famille est encouragée à stimuler l’enfant à l’image des soignants. Les parents sont considérés comme des co-thérapeutes. D’après Maman, cette méthode est discutable car les parents, sans que l’on puisse porter aucun jugement, ne peuvent pas tous matériellement s’occuper de leur enfant à temps plein ou partiel. De plus, il faut beaucoup de patience, d’optimisme, d’énergie pour passer ses journées avec un enfant qui ne parle pas, ne regarde pas, mais qu’il faut malgré continuellement stimuler sans voir de progrès foudroyant. D’un côté on apprend à se réjouir de peu de chose, mais d’un autre côté on se dit que c’est beaucoup de travail pour un regard…

Dans son travail avec moi, Maman utilise quelques idées de cette méthode sans y adhérer totalement. Elle l’adapte à mon humeur et à la sienne. Elle ne peut pas jouer les thérapeutes tous les jours et tout le temps, c’est ma Maman avant tout, et parfois elle n’applique aucune méthode sinon celle d’une Maman : son amour et son attention et parfois ça me suffit !



La méthode PECS

« Picture Exchange Communication System » (Système de communication par échange d’image : PECS ) est un système de communication par échange d’image qui permet de suppléer ou d’augmenter la communication des enfants ayant des troubles autistiques ou présentant un trouble de la communication sociale.

En utilisant le PECS, les enfants apprennent à venir chercher leur interlocuteur pour lui remettre l’image de l’objet ou de l’activité qu’ils désirent, en échange de cet objet ou activité.

Dans un premier temps, l’enfant est incité à faire une demande pour favoriser la mise en place d’un comportement de communication. Puis, on va lui enseigner à faire une demande spontanée avec une image. Ensuite, il étoffera cette demande en construisant une phrase simple en images (ou pictogramme). Pour poursuivre, on lui apprendra à faire des commentaires sur ce qu’il voit ou entend. Enfin, on éduque l’enfant à utiliser des attributs (couleur, forme, taille, espace….)

On peut poursuivre l’apprentissage par l’emploi de phrases de plus en pus longues et plus complexes. Après un certain temps d’utilisation du PECS, une proportion d’enfants développe le langage oral. C’est la méthode de communication pour les autistes la plus utilisées dans le monde.

Comme vous avez pu le voir sur le blog (voir la catégorie « communication alternative »), Maman utilise avec moi cette méthode et compte rendre son utilisation stricte et généralisée très vite. En effet, Maman pense qu’elle n’est efficace que si elle est incluse dans un cadre pédagogique plus vaste qui va m’aider à apprendre à utiliser cette méthode en particulier.

Maman a réalisé une formation de deux jours pour cette méthode, qu’on peut voir dans ce billet.



La méthode MAKATON

Le MAKATON a été créé dans les années 1970, en Angleterre, pour aider les personnes ayant des difficultés d’apprentissage à communiquer.

Le MAKATON utilise la parole, le geste, l’expression faciale, le contact oculaire et le langage corporel. Cette méthode de communication utilise la parole avec un signe et/ou un symbole (une image). L’expérience et la recherche indiquent que l’utilisation de gestes/signes favorise et stimule le développement de la parole. Pour cette méthode, il est très important d’utiliser la parole avec les signes et les pictogrammes.

Maman n’a pas choisi d’utiliser cette méthode avec moi car j’ai beaucoup de mal à imiter, signer et regarder. Je ne fais que très rarement au-revoir avec la main alors elle pense que ce ne sont pas les gestes qui vont susciter chez moi l’envie de communiquer.

De plus, Maman pense que cette méthode de communication connaît des limites dans la mesure où les personnes de l’entourage ou de la société en général ne sont pas forcément capables de comprendre des signes (tout comme les signes de la LSF pour les sourds). Ceci est un avis personnel de Maman. D’ailleurs, elle utilise certains signes de la LSF appris dans le livre « bébé signe » pour me dire « boujour », « merci »… Elle pense que dans certaines situations, il est bon pour elle d’associer des signes aux mots pour que je la comprenne mieux.

Il faut cependant noter que les signes du Makaton sont très spécifiques et ce ne sont pas les mêmes que ceux de la LSF. Enfin, cette méthode, pour être pratiquée, nécessite une formation de plusieurs jours.



La méthode des 3i

La méthode des 3i est une méthode éducative récente basée sur les principes de plusieurs méthodes américaines qui ont le jeu pour pilier principal.

Il s’agit d’une méthode de stimulation individuelle : l’enfant est seul face à l’adulte dans une pièce aménagée de sorte que l’enfant ne soit ni distrait par les bruits extérieurs, ni par la lumière extérieure. La prise en charge est intensive : 40h par semaine.

L’objectif des différentes activités proposées à l’enfant est unique : c’est la communication. Aucun autre but pédagogique, cognitif ou social n’est recherché. Le jeu est néanmoins un support essentiel puisqu’il permet à l’enfant de se détendre. Cette détente est considérée indispensable pour rétablir l’attention conjointe d’avec l’enfant autiste. Il faut tout transformer en jeu sans aucune attente, comme avec un tout petit, afin que la détente soit optimum. Ainsi, sera engendré l’éveil progressif nécessaire pour passer tous les stades occultés : regard, pointage du doigt, marionnettes, quatre pattes…

Les parents ont un rôle de coordination des différents intervenants. Il doivent réunir une équipe qui applique tous ces principes dans leur intégralité.

Il s’agit de rentrer dans le monde de l’enfant autiste pour, tout doucement, par le jeu, avec beaucoup d’affection, de tendresse et de respect, le ramener vers le nôtre. Il faut retirer l’enfant de l’école pour le sortir de sa bulle et mieux l’y remettre plus tard.

Maman ne s’est pas beaucoup renseignée sur cette méthode, et les différents thérapeutes qui travaillent avec moi ne semble pas l’utiliser. C’est donc plus par ignorance que par refus de la méthode que Maman ne travaille pas comme cela. Cependant, c’est une stratégie éducative nouvelle qui a fait ses preuves.



123

Olivier Ange |
mutuelle senior |
مرحب... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | yanad
| Lisyane FROMONT - OSTEOPATH...
| Maigrir sans régime